VIDEO. Hauts-de-France : Une association souhaite développer la consommation bio pour les personnes précaires

MIEUX VIVRE LA VILLE Bio en Hauts-de-France lance un dispositif régional permettant aux familles avec des revenus modestes de bénéficier d’aliments bio et locaux

Gilles Durand
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Visite d'une ferme avec des bénéficiaires du «panier accessible», par l'association Bio en Hauts-de-France.
Visite d'une ferme avec des bénéficiaires du «panier accessible», par l'association Bio en Hauts-de-France. — Bio en Hauts-de-France
  • L’association Bio en Hauts-de-France souhaite développer la vente de paniers de produits bio et locaux à prix réduits aux familles avec des revenus modestes.
  • Un fonds de dotation a été ouvert pour financer le projet.
  • Le dispositif existe déjà dans la métropole lilloise et à Douai.

Et si les personnes précaires pouvaient aussi manger bio. C’est l’objectif que s’est fixée l’association Bio en Hauts-de-France. L’idée est de vendre des paniers de produits bio et locaux à prix réduits, sur tous les territoires de la région, à des familles aux revenus modestes.

Plusieurs partenaires se sont associés à ce projet, baptisé P.a.n.i.e.r.s. (Pour l’accès à une nourriture inclusive écologique régionale et solidaire). Il vise à modifier en profondeur l’alimentation des Nordistes et des Picards.

Depuis douze ans à Lille

« Nous souhaitons déployer une expérience menée depuis douze ans dans la métropole lilloise et environ quatre ans à Douai », explique Raphaëlle Delporte, chargée du projet chez Bio en Hauts-de-France. L’an dernier, 2.400 paniers accessibles – c’est-à-dire à moitié prix (6 euros) – avaient été vendus à Lille et environ 300 à Douai.

« Le panier accessible m’a permis de goûter et de découvrir des légumes inconnus, mais aussi de changer ma façon de manger grâce aux recettes qui sont avec le panier », raconte Christelle, bénéficiaire de ces paniers au Centre social du centre-ville de Villeneuve d’Ascq.

Mais l’action va au-delà de la vente de paniers. « C’est une approche globale d’accompagnement des consommateurs sur trois ans pour changer son alimentation et réapprendre, par exemple, à cuisiner », ajoute Sophie Rosblack, chargée de mission alimentation chez Bio en Hauts-de-France.

« On sensibilise sur l’équilibre et le gaspillage alimentaire »

Ainsi, les bénéficiaires, identifiés par les centres sociaux ou l’épicerie solidaire partenaire, peuvent aussi assister à des ateliers culinaires ou à des visites de fermes. « On sensibilise aussi sur l’équilibre et le gaspillage alimentaire », poursuit Sophie Rosblack.

Or, le défi est compliqué à relever. « Manger bio est parfois difficile pour ces personnes précaires », analyse Raphaëlle Delporte. L’accessibilité géographique est un réel frein pour des personnes qui ne disposent pas forcément de voitures. « Quand vous habitez Lille Sud, par exemple, vous n’avez pas de magasin bio à proximité, ni de réseau de producteurs de proximité », poursuit-elle.

C’est l’aspect santé et environnement qui permet souvent de convaincre. « Le déclic, ce sont les enfants. Ces familles s’y mettent pour permettre à leurs enfants de manger des produits sains », assure Raphaëlle Delporte.

Un fonds de dotation

Pour mettre en place ce dispositif de grande ampleur sur l’ensemble des cinq départements, Bio en Hauts-de-France va s’appuyer sur le réseau des Amap (Association pour le maintien d’une agriculture de proximité) et les Anges gardins, une association de jardinage en commun installé près de Calais.

Un fonds de dotation a été mis en place, alimenté pour l’instant par les pouvoirs publics. « Nous espérons maintenant obtenir aussi des financements privés, avoue Sophie Rosblack. Via notamment certains commerces qui pratiquent les arrondis de caisse. »

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