Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen : L’ARS cherche des traces dans les Hauts-de-France

ENVIRONNEMENT Malgré une communication rassurante des autorités, l’Agence régionale de santé des Hauts-de-France met en garde contre les traces de suie issues de l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen

Mikaël Libert

— 

Parti de Rouen, le nuage de fumée a laissé des traces dans les Hauts-de-France.
Parti de Rouen, le nuage de fumée a laissé des traces dans les Hauts-de-France. — Robin Letellier/SIPA
  • Dès jeudi, les fumées de l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen ont envahi le ciel des Hauts-de-France.
  • Il est recommandé d’éviter tout contact avec la peau et les muqueuses ou encore de ne pas consommer les fruits et légumes présentant des traces de suie.

Quatre jours après l’incendie qui a ravagé une partie de l’entreprise Lubrizol, à Rouen, et malgré les nombreux communiqués au ton rassurant des autorités, l’Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France a lancé un appel pour signaler des « retombées sous forme de suie ».

A l’instar du nuage de Tchernobyl, celui généré par l’incendie, à Rouen, d’un site « Seveso seuil haut » ne s’est pas arrêté aux frontières de la Seine-Maritime. Ainsi, dès jeudi, les fumées avaient envahi le ciel des Hauts-de-France. La préfecture du Nord avait tenté de rassurer la population, assurant que « les effets de ce nuage peuvent se révéler irritants et odorants mais  sans toxicité aiguë. » Le message était néanmoins accompagné de recommandations, notamment à l’intention des « personnes vulnérables ».

Pour le plomb, « il n’y a pas de seuil réglementaire »

Samedi, le ministère de la Transition écologique et solidaire avait assuré la population de « la plus totale transparence sur les résultats des analyses et de la situation ». Résultats que la préfecture de Seine-Maritime publie, au fur et à mesure, sur son site Internet. Si l’on en croit les derniers éléments rendus publics, le fameux nuage n'a pas eu d'impact sur la qualité de l'air.

Pour les suies, c’est un peu moins clair, notamment quand il s’agit de mesurer leur contenance en métaux. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne le plomb pour lequel « il n’y a pas de seuil réglementaire et de valeurs de références sanitaires […] dans les poussières déposées sur la voirie », reconnaissent les autorités. Pour autant, cela ne signifie pas que ces suies sont sans risque pour la santé et l’environnement.

Ainsi, l’ARS des Hauts-de-France enjoint les habitants de la région à signaler la présence de dépôts de suies « aux services de gendarmerie ou de police ou aux services départementaux d’incendie et de secours ». Cet appel est aussi assorti de recommandations comme, par exemple, d’éviter tout contact avec la peau et les muqueuses ou encore de ne pas consommer les fruits et légumes présentant des traces de suie.