Roubaix : Et si vous produisiez de « l’or rouge » sur votre balcon ?

JARDIN Une entreprise roubaisienne a convaincu un millier de Français de se lancer dans la culture du safran

Mikaël Libert

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Une fleur de crocus dont le pistil donne du safran.
Une fleur de crocus dont le pistil donne du safran. — F.SCHEIBER / 20 MINUTES
  • Un millier de particuliers se lancent dans la culture du safran.
  • L’initiative revient à une entreprise de jardinage installée à Roubaix.
  • Cette épice, appelée « or rouge » se négocie environ 35.000 euros le kilo.

Une épice de luxe à portée de balcon. Pour les nuls en jardinage et les profanes en horticulture, le safran, c’est juste une poudre rouge très chère que l’on trouve dans de minuscules boîtes rondes au rayon épices du supermarché. C’est un peu vrai. Pourtant, il est tout à fait possible de cultiver le fameux « or rouge » chez soi. Démocratiser le safran, c’est le pari qu’a fait l’entreprise roubaisienne Mon petit coin vert.

Installé depuis peu à Roubaix, dans le Nord, Mon petit coin vert propose à ses abonnés des box de jardinage personnalisées. A l’intérieur, des graines de plantes ou fleurs bio, le petit outil qui va bien, des pastilles de coco en guise de terreau et un livret plein de conseils. L’entreprise s’est donnée comme mission de « faire découvrir de nouvelles variétés originales à cultiver ». Floriane Adet, cofondatrice de Mon petit coin vert, a très vite pensé au safran : « Je me suis rendu compte que beaucoup de personnes ne savaient pas que cette épice était produite par le crocus et qu’il était possible d’en cultiver en France », explique-t-elle.

« La culture du crocus est assez facile »

A la mi-septembre, l’entreprise a donc réussi à convaincre un millier de personnes, un peu partout en France, de tenter l’aventure de l’or rouge. « La culture du crocus est assez facile. C’est une plante vivace qui a seulement besoin d’une terre bien drainée », assure Floriane Adet. Il y a deux floraisons annuelles, au printemps et en automne, et les bulbes se multiplient. Rien de sorcier en somme.

En revanche, ce qui demande davantage de dextérité, c’est la récolte. « Le safran, ce sont les pistils de la fleur. C’est très fragile et il faut les récolter à la main ou avec une pince à épiler », prévient la jardinière. Il ne faut pas non plus louper le coche, la fleur ne restant ouverte que 48h. « Dans les exploitations, la récolte nécessite beaucoup de main-d’œuvre. Cela explique en partie le prix très élevé de cette épice », poursuit-elle.

A l’échelle de votre balcon ou de votre lopin de terre, ne vous attendez pas à devenir riche. « Avec un bulbe, on peut récupérer assez de safran pour faire un plat pour quatre personnes. Pour obtenir un kilo, il faut environ 150.000 fleurs », précise Floriane Adet. Là-dessus, Cléa, une parisienne de 23 ans, n’est pas dupe : « J’ai hâte de faire ma première récolte, c’est un beau défi. Au pire, ça ne fonctionne pas, au mieux, on fait de belles économies », s’amuse-t-elle. Et à un prix compris entre 30.000 et 40.000 euros le kilo de safran, c’est une culture qui pourrait faire des émules.