VIDEO. Nord : Des abeilles sponsorisées pour sauver l’apiculture

ENVIRONNEMENT La société Un toit pour les abeilles propose aux entreprises et aux particuliers de parrainer une ruche

Gilles Durand

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Emilie Banasik, dans son rucher aux environs de Marchiennes, dans le Nord
Emilie Banasik, dans son rucher aux environs de Marchiennes, dans le Nord — G. Durand / 20 Minutes
  • En France, plus de 50.000 particuliers et environ 2.000 entreprises ont choisi d’aider l’apiculture à survivre en parrainant des ruches.
  • Dans le Nord, deux apiculteurs font désormais partie du réseau.

C’est peut-être la plus grosse opération de sponsoring du monde. Grâce à l’entreprise Un toit pour les abeilles, environ 374 millions d’insectes ont déjà un parrain. Des ruches sponsorisées commencent à voir le jour dans le Nord et la Picardie qui comptent seulement trois apiculteurs. 20 Minutes a rencontré une apicultrice qui vient d’intégrer le réseau.

Emilie Banasik habite Marchiennes, une commune rurale blottie contre la forêt, à une trentaine de kilomètres de Lille. Et elle s’est découvert une passion récente pour l’apiculture. « J’ai commencé il y a cinq ans, souligne-t-elle. Mon mari était pourtant api phobique. C’est lors d’un séjour en gîte chez un apiculteur que j’ai eu le coup de foudre ».

« Une aide financière précieuse »

La jeune femme se forme alors aux rudiments de l’élevage d’abeilles et aujourd’hui, elle possède 40 ruches dont 16 sont parrainées. « Nos parrains nous apportent une aide financière précieuse pour pérenniser l’activité. Même si, pour l’instant, ça reste un loisir pour moi », raconte-t-elle.

Car entre parasites, frelons asiatiques, dérèglement climatique ou encore produits phytosanitaires, les abeilles souffrent. « Un professionnel, entre Paris et Rouen, a perdu 90 % de son rucher l’an dernier, notamment à cause des pesticides, fulmine un membre d’Un toit pour les abeilles. Sans l’aide de parrains, difficile de relancer l’activité. »

En France, plus de 50.000 particuliers et environ 2.000 entreprises ont choisi d’aider l’apiculture à survivre. « C’est une goutte de miel par rapport aux enjeux environnementaux. En avril le Biological Conservation Journal a prédit l’extinction totale et mondiale des insectes d’ici à 2119, en agrégeant, pour la première fois, toutes les études nationales existantes », s’inquiète le militant.

Une centaine de pots de miel

Entrepreneur à Roubaix, Grégory Dehooghe en est conscient. Son entreprise, Pixellence est devenue marraine, cette année, d’une ruche d’Emilie Banasik. « Nous sommes sensibles à la cause des abeilles, mais aussi au fait d’aider quelqu’un à développer son entreprise », explique-t-il.

Pose de la plaque d'un parrain «Un toit pour les abeilles» sur une ruche, près de Marchiennes, dans le Nord.
Pose de la plaque d'un parrain «Un toit pour les abeilles» sur une ruche, près de Marchiennes, dans le Nord. - G. Durand / 20 Minutes

Régulièrement, il reçoit des nouvelles de sa ruche qu’il espère pouvoir visiter prochainement. « On paie 900 euros à l’année, et si tout va bien, on récupère une centaine de pots de miel. Ça nous permet de faire des cadeaux originaux à nos clients », précise Grégory Dehooghe.

La ruche Pixellence est encore en gestation, installée dans la cour intérieure de la maison d’Emilie Banasik. Mais les abeilles semblent déjà en pleine forme.