La société Lilloise Alzprotect teste une molécule prometteuse contre Alzheimer.
La société Lilloise Alzprotect teste une molécule prometteuse contre Alzheimer. — Alzprotect

SANTE

Lille : Une molécule prometteuse contre Alzheimer entre en phase de test chez l'humain

Une société lilloise porte un médicament contre Alzheimer dont les résultats chez l’animal ont été « extraordinaires »

  • La molécule EZP2006 sera bientôt testée sur 36 patients à Lille et Paris.
  • Le futur médicament doit permettre de bloquer la progression de maladies neurodégénératives comme Alzheimer.
  • L’EZP2006 promet aussi de restaurer certaines fonctions cérébrales chez des patients à des stades avancés de la maladie.

Tremble Alzheimer. Mercredi, la société lilloise de biopharmaceutique Alzprotect a annoncé le lancement prochain d’un essai clinique de son candidat médicament AZP2006. Si les résultats sur l’animal étaient confirmés sur l’être humain, cette molécule pourrait représenter une avancée majeure et inédite dans le traitement de plusieurs maladies neurodégénératives.

Alzprotect, comme le Dr Philippe Verwaerde, son PDG, le reconnaît lui-même, est encore une petite boîte installée sur le parc Eurasanté, à Loos, près de Lille. Mais elle pourrait très vite changer d’envergure grâce à l’AZP2006 : « Il s’agit de ce que l’on appelle un candidat médicament dans l’indication de la paralysie supranucléaire progressive (PSP), une maladie orpheline », explique le Dr Verwaerde. Et la particularité de la PSP, c’est qu’elle possède les mêmes mécanismes qu’une autre maladie, plus connue et plus répandue : Alzheimer.

« Relance de la croissance des neurones et de leurs connexions »

Dans sa phase de développement, l’AZP2006 a déjà passé avec succès les essais sur l’animal. Il doit entrer dans une seconde phase, les tests d’innocuité et de tolérance sur l’être humain. Cette étude sera menée sur 36 patients entre Paris et Lille. « Les résultats sur l’animal ont été extraordinaires. Non seulement la molécule a permis d’arrêter le processus d’évolution de la maladie sur les trois marqueurs de la maladie et non sur un seul. Il a été aussi constaté une relance de la croissance des neurones et de leurs connexions », s’enthousiasme Philippe Verwaerde.

Les ambitions d’Alzprotect pour l’AZP2006 sont immenses : « Cela pourrait même bénéficier aux personnes à des stades avancés d’Alzheimer. Nous envisageons la restauration de certaines fonctions cérébrales atteintes par la maladie, comme l’apprentissage de la mémoire », avance le PDG.

Un marché immense mais une échéance à long terme

Ces premiers essais sur l’homme concerneront des malades atteints de PSP pour des raisons surprenantes : « On teste la preuve de concept de l’AZP2006 sur une maladie orpheline pour faciliter les choses. Ça nous garantit d’abord 10 ans d’exclusivité sur le marché. Mais surtout, ça coûte moins cher et ça va plus vite », reconnaît le Dr Verwaerde. Cette phase d’essais va revenir à 15 millions d’euros pour Alzprotect : « Si nous l’avions fait pour Alzheimer, ce sont 150 millions que nous aurions dû trouver », poursuit-il.

Si tout fonctionne comme prévu, c’est un marché immense qui s’ouvre à la petite société lilloise : environ 50 millions de malades d’Alzheimer dans le monde. La richesse pour les uns, l’espoir pour les autres, mais à une échéance relativement lointaine. Pour cet essai de phase 2a, les premiers résultats sont attendus courant 2021. Il y aura ensuite une phase 2b et peut-être une phase 3. Mais Alzprotect ne table pas sur une présence de l’AZP2006 en pharmacie avant 8 à 10 ans.