Incendie mortel à Estrée-Blanche: Un pompier, blessé en intervention, doit rembourser 9.000 euros à son assurance

SANTE L’assurance des pompiers du Pas-de-Calais réclame près de 9.000 euros à un ancien pompier volontaire, gravement blessé lors d’un incendie mortel

G.D.
— 
Illustration de l'hommage national rendu aux pompiers.
Illustration de l'hommage national rendu aux pompiers. — Nicolas Messyasz / SIPA

Il y a bientôt deux ans, un incendie provoquait la mort de cinq personnes à Estrée-Blanche, dans le Pas-de-Calais. Aujourd’hui, l’assurance des pompiers du Pas-de-Calais, Frand & Associés, réclame à un pompier, grièvement brûlé lors de l’intervention, de rembourser près de 9.000 euros, révèle La Voix du Nord.

Dans la nuit du 6 au 7 janvier 2018, un feu se déclarait dans une habitation. Les deux enfants de 16 et 20 ans périssaient dans les flammes, ainsi que deux sapeurs-pompiers volontaires de 32 et 21 ans venus porter secours à la famille. La mère, gravement brûlée, devait mourir quatre mois plus tard, en mai.

Deux collègues décédés

Au cours de l’intervention, un pompier de 21 ans, Aurélien Boidin, avait également été sévèrement blessé aux mains, aux bras et aux cuisses. En fauteuil roulant, il avait pu néanmoins, participé à l’hommage national rendu, quelques jours plus tard à Paris, à ses deux collègues décédés, Arnaud Dauchy et Jonathan Cottrez.

Fin janvier, il avait été invité à l’Elysée, par le président de la République, Emmanuel Macron, avec d’autres « héros du quotidien », avant d’être décoré de la médaille de l’ordre national du Mérite par Gérard Collomb, alors ministre de l’Intérieur, en mai 2018.

Depuis l’accident, opérations chirurgicales et greffes se sont succédé pour Aurélien Boidin. Le jeune homme est parti vivre en Normandie avec sa compagne. Pris en charge par l’assurance du service départemental d’incendie et de secours (Sdis) du Pas-de-Calais, il se voit obligé de rembourser un trop perçu de 8.824,32 euros.

Huit mois de versements

En octobre 2018, il était passé devant un médecin expert. « A la suite de cette expertise médicale demandée par l’assurance, j’ai reçu un mail, en juin, disant que mon arrêt n’était plus dû à l’accident depuis octobre », explique Aurélien Boidin au quotidien régional. L’assurance Frand & Associés considère que les huit mois de versements entre octobre 2018 et juin 2019 ne sont plus imputables à l’accident de travail. Une partie doit être remboursée.

Contactée, l’assurance nous répond que cette affaire « ne relève pas du journalisme ». « Si votre interlocuteur conteste, il y a des voies juridiques prévues à cet effet », ajoute la directrice.

Nouvelle greffe du pouce

En juillet, l’ancien pompier volontaire a repris une activité de chauffeur-livreur dans une blanchisserie. Début septembre, il a dû subir une nouvelle opération de greffe du pouce qui le contraint à se mettre à nouveau en arrêt maladie.

Dégoûté, le jeune homme a refusé l’échéancier proposé par son assurance et décidé de médiatiser l’affaire. Une cagnotte de solidarité a été lancée par sa famille sur les réseaux sociaux.