Lille : La cellule discrète de lutte contre les stups de la police judiciaire

TRAFICS Au sein de la PJ de Lille, tous les acteurs de la sécurité travaillent en commun contre le trafic de stupéfiants

Mikaël Libert
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Illustration d'une saisie de stupéfiants à Lille.
Illustration d'une saisie de stupéfiants à Lille. — M.LIBERT/20 MINUTES

Une union sacrée pas si évidente. Ce mardi matin, à Marseille, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé la création de l’Office anti-stupéfiants (Ofast). Cette nouvelle entité,  qui remplace l’Ocrtis, « coordonnera l’action de tous les acteurs dans la  lutte anti-stupéfiants au niveau local et national », a détaillé le ministre. Une initiative que la Direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) de Lille a d’ailleurs mise en place en toute discrétion, début 2018, avec la Cellule du renseignement opérationnel sur les stupéfiants (CROS).

Mardi, en fin de matinée, une petite dizaine de personnes se sont réunies dans une salle au quatrième étage du siège de la DRPJ de Lille. Il y avait des représentants de la douane, de la gendarmerie, de la police judiciaire, de la sécurité publique et du Groupe d’intervention régional (GIR) et des renseignements territoriaux (ex-RG). Et c’est le même manège depuis janvier 2018. « L’idée est de centraliser les renseignements qui arrivent de toutes ces sources, d’établir des notes opérationnelles et de déterminer qui est le mieux placé pour chaque dossier », explique Romuald Muller, le patron de la PJ de Lille.

Un règlement de comptes à l’origine de cette réflexion

Pour ce dernier, à Lille plus qu’ailleurs, la lutte contre les trafics de stupéfiants nécessite une grande coordination de tous les services de sécurité : « Cette réflexion remonte au mois de mai 2017, lorsqu’un homme a été abattu de deux balles dans la tête lors règlement de compte à Lille Sud », se souvient le policier. Depuis, tous ont appris à travailler de concert plutôt qu’en concurrence. Le système a été institutionnalisé localement. Dans un bureau au siège de la DRPJ, un gendarme, un douanier, un policier de la sécurité publique et deux fonctionnaires de la PJ travaillent quotidiennement à élaborer les fameuses notes opérationnelles.

Entre huit et dix sont étudiées lors des réunions de la CROS. « Généralement, ce sont des dossiers qui traitent de trafics de petite et moyenne envergure. Certains pensent que c’est comme essayer de vider l’océan avec une petite cuiller. Il faut pourtant que ce travail soit fait tout en développant une approche internationale », poursuit Romuald Muller.

De la création de l’OFAST, le patron de la PJ de Lille attend surtout une augmentation de ses effectifs. « Depuis le début de l’année, il y a eu une augmentation de 77 % des défèrements devant la justice », assure le policier. Un chiffre spectaculaire qu’il explique en partie par l’augmentation régulière des trafics. « Si l’on pouvait passer de quatre à six groupes de sept hommes, ce serait parfait », glisse Romuald Muller.