Grande-Synthe : Près d’un millier de migrants évacués d’un campement, cinq interpellés pour « incitation à l’émeute »

FAITS DIVERS La préfecture a procédé, ce mardi, à l’évacuation d’un campement d’environ 900 migrants aux abords d’un gymnase, à Grande-Synthe

G.D. avec AFP

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Le campement dans un gymnase, à Grande-Synthe.
Le campement dans un gymnase, à Grande-Synthe. — Mathieu Pattier / SIPA
  • Une opération d’évacuation d’un campement de migrants, majoritairement des Kurdes irakiens, a lieu, ce mardi, aux abords d’un gymnase de Grande-Synthe, dans le Nord.
  • Cinq d’entre eux ont été interpellés et devaient être placés en garde à vue pour « incitation à l’émeute » et « dégradation en réunion », selon une source policière.
  • Les 900 migrants devaient être acheminés vers des structures d’hébergement adaptées, dans toute la France.

La demande d’expulsion avait été validée par le tribunal administratif. Depuis 7 h, ce mardi, une opération d’évacuation d’un campement de migrants, majoritairement des Kurdes irakiens, a lieu dans et aux abords d’un gymnase de Grande-Synthe, dans le Nord.

« Les populations migrantes présentes dans le gymnase et aux alentours, soit environ 900 personnes, sont en cours d’acheminement par l’Etat vers des structures d’hébergement adaptées, dans lesquelles elles se verront proposer un accompagnement individuel », souligne la préfecture, dans un communiqué.

Ouvert en décembre 2018

Ce gymnase avait été ouvert aux migrants en décembre 2018 par la mairie, comme elle l’avait fait l’hiver précédent. Il devait initialement fermer à l’arrivée du printemps. Au début de l’été, la préfecture du Nord avait dû installer, sur injonction du Conseil d’Etat, des points d’eau, douches et sanitaires à proximité, en nombre insuffisant selon les associations.

En milieu de matinée, deux bus roulant vers la Bretagne se sont arrêtés temporairement à hauteur de Calais car des migrants ont commencé à « taper sur les vitres et à menacer de mettre le feu à leurs vêtements », a indiqué le sous-préfet de Boulogne-sur-Mer, Jean-Philippe Vennin.

Cinq d’entre eux ont été interpellés et devaient être placés en garde à vue pour « incitation à l’émeute » et « dégradation en réunion », selon une source policière. Onze autres ont également été arrêtés au niveau de la zone dite du « Puythouck » et au gymnase de Grande-Synthe.

Présence active de passeurs

Dans son ordonnance du 4 septembre 2019, le juge des référés avait estimé que ce campement devait être évacué en urgence. « Il est à l’origine de graves problèmes de sécurité publique, eu égard aux rixes et aux violences constatées au sein du campement, à la présence active de passeurs qui agissent dans le cadre de réseaux criminels, à la proximité de voies de grande circulation que les migrants tentent de traverser et au risque d’incendie généré par les feux fréquemment allumés sur le site », constate la préfecture.

En octobre 2018, une vaste opération d'évacuation d’un camp de 1.800 migrants avait déjà eu lieu à Grande-Synthe.