Lille : L’aménagement de la friche Saint-Sauveur se heurte à deux nouveaux recours devant le tribunal administratif

URBANISME Deux associations ont décidé d’attaquer la déclaration d’intérêt général du projet d’aménagement de la friche Saint-Sauveur, à Lille

G.D. avec AFP

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Lille, le 7 mars 2019. Le belvedere de la friche Saint-Sauveur. Site ou doit etre construite la future piscine olympique.
Lille, le 7 mars 2019. Le belvedere de la friche Saint-Sauveur. Site ou doit etre construite la future piscine olympique. — M.Libert / 20 Minutes
  • Deux associations ont annoncé avoir déposé de nouveaux recours contre le projet de réaménagement de l’immense friche Saint-Sauveur, au cœur de Lille.
  • Ces assos estiment que le projet de construction de 2.400 logements, de commerces et d’une piscine olympique aggraverait la pollution de l’air dans le quartier.
  • Une première enquête publique sur ce projet avait été invalidée par le tribunal administratif de Lille.

C’est reparti pour un tour contre le projet de quartier Saint-Sauveur. Deux associations ont annoncé, lundi, avoir déposé deux nouveaux recours contre le projet de réaménagement de cette immense friche au cœur de Lille. Elles estiment que le projet de construction de 2.400 logements, de commerces et d’une piscine olympique aggraverait notamment la pollution de l’air dans le quartier.

L’enquête publique initiale, au printemps 2018, avait déjà été attaquée par ces assos pour les mêmes motifs. Elles avaient obtenu gain de cause devant le tribunal administratif de Lille.

« Des alternatives existent »

« Nos associations défendent l’absence d’intérêt général du projet au regard des enjeux d’écologie et de santé publique : aggravation de la pollution de l’air, gestion de l’eau inadaptée aux (futurs) épisodes de sécheresse, destruction d’un îlot de fraîcheur et de la biodiversité, insuffisance des espaces de nature », souligne le communiqué commun de PARC Saint-Sauveur et ASPI.

« Des alternatives existent pourtant comme une meilleure répartition des logements et des activités dans la métropole, l’utilisation des logements vacants, la requalification des bureaux en logement, poursuivent les associations. L’intérêt, attaché à la densification d’un quartier déjà très dense et pollué, traduit, de la part de la Métropole européenne de Lille (Mel), une volonté de construire coûte que coûte ».

Réserves et recommandations

Ces deux associations ont déposé, le 4 septembre, deux nouveaux recours -l’un en référé, l’autre sur le fond- auprès du tribunal administratif de Lille pour attaquer la délibération votée par la Mel, le 28 juin, déclarant l’intérêt général du projet Saint-Sauveur et sa mise en compatibilité avec le plan local d’urbanisme.

Sur l’ancienne gare de marchandises Saint-Sauveur, qui couvre une surface de 23 hectares (46 terrains de football) entre le centre et le quartier populaire de Moulins, devraient sortir de terre une piscine olympique, des logements, des bureaux, des commerces et un parc de 3,4 hectares.

En mars, le commissaire enquêteur de l’enquête publique complémentaire a rendu un avis favorable, avec des réserves et des recommandations, demandant notamment au conseil métropolitain « d’entamer des réflexions conduisant à prendre des mesures fortes pour ne pas aggraver l’état de la qualité de l’air de la métropole lilloise ».