Hauts-de-France : Ce couple a déjà sauvé la vie de 10.000 poules

ANIMAUX Une association récupère les volailles vouées à l’abattoir pour les proposer à l’adoption

Mikaël Libert

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Une opération de sauvetage de l'association «Les ch'tites cocottes».
Une opération de sauvetage de l'association «Les ch'tites cocottes». — Les ch'tites cocottes

Sauve qui poules. Depuis bientôt un an, Nadège et Pierre Pauwels, fondateurs de l’association « Les ch’tites cocottes de réforme », sont parvenus à éviter l’abattoir à près de 10.000 poules d’élevage. Les volailles sont proposées à l’adoption à des particuliers pour une somme modique et contre bons soins. Le succès de la démarche a dépassé toutes les attentes de ce couple de nordistes.

« Nous avons récupéré nos deux premières poules de réforme lors d’une opération de sauvetage en Belgique. Le soir même, j’ai suggéré à Pierre, mon mari, d’en organiser nous-mêmes dans le Nord-Pas-de-Calais », se souvient Nadège Pauwels, une éducatrice spécialisée de 43 ans. C’est ainsi qu’a commencé, il y a un an, l’aventure des Ch’tites cocottes. Le couple a effectué son premier sauvetage avec sa voiture, une remorque et quelques cartons. Depuis, c’est le même manège presque chaque week-end. « On a commencé par trois cents poules. Mais au dernier sauvetage, nous en avons rapporté près de mille », assure-t-elle.

Une démarche financièrement avantageuse pour les éleveurs

Et il n’y a rien d’illégal dans la démarche des Ch’tites cocottes, qui ne monte pas des opérations sauvages en pleine nuit. « Cela se fait en accord avec les élevages qui nous revendent leurs poules réformées au lieu de les envoyer à l’abattoir », explique Nadège. Financièrement, l’exploitant y trouve son compte puisque l’association lui paye 1,50 euro la poule quand l’abattoir n’achète les bêtes que 20 centimes le kilo.

Pour l’adoption des rescapées, l’association n’a aucun mal à trouver des candidats. « Nous avons toujours plus de demande que d’offre. Lors des distributions, il y a parfois des files d’une centaine de personnes », s’enthousiasme Nadège. Pourtant, ce n’est pas gratuit et il y a des conditions. Chaque famille d’accueil doit prendre au minimum deux poules à trois euros l’unité et disposer d’un poulailler assez grand avec un accès à l’extérieur. « Ils doivent aussi s’engager à bien s’en occuper et surtout à ne pas les manger », insiste la quadragénaire, précisant que l’association s’autorisait le droit de refuser certaines demandes.

Nadège est bien consciente qu’avoir sauvé 10.000 poules n’est qu’une goutte d’eau, d’autant que l’association ne se limite pas aux volailles. D’ailleurs, ce jeudi, ce sont deux lapins que le couple a récupérés près de Cambrai. « Nous voulons ouvrir un refuge pour les nouveaux animaux de compagnie dès l’année prochaine », ambitionne-t-elle. Une initiative qui promet au couple des week-ends très chargés.