Pourquoi les Hauts-de-France signent un accord de coopération avec une province chinoise

INTERNATIONAL Les Hauts-de-France veulent renforcer la collaboration multistratégique avec la province chinoise du Zhejiang

Gilles Durand

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Salvatore Castigilone, vice-président des Hauts-de-France (à gauche) et Zhu Guoxian, représentant de la Province du Zhejiang, en Chine.
Salvatore Castigilone, vice-président des Hauts-de-France (à gauche) et Zhu Guoxian, représentant de la Province du Zhejiang, en Chine. — G. Durand / 20 Minutes
  • La région des Hauts-de-France a signé un accord de coopération culturelle et économique avec la province chinoise du Zhejiang, au sud de Shanghai.
  • Depuis 2017, la région organise le Nouvel An chinois dans son siège lillois, un premier appel du pied.
  • Le projet le plus spectaculaire est le développement de la nouvelle « route de la soie » par voie ferrée entre Dourges et Jinhua, sur la côte est de la Chine.

Au XIIIe siècle, le Nordiste Guillaume de Rubrouck avait développé les premiers échanges occidentaux avec la Mongolie. Environ 800 ans plus tard, le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand s’attaque à la côte est de la Chine. Ce mercredi, la Région a signé un accord officiel de coopération multistratégique avec la province du Zhejiang, au sud de Shanghai.

Objectif : développer les affaires et les relations culturelles entre les deux territoires autour de projets bien précis. « Des collaborations multiples existent depuis des années, ne serait-ce qu’avec les 7.000 étudiants chinois qui fréquentent les universités régionales. Et nous avons de nombreux points communs », souligne Salvatore Castiglione, vice-président (UDI) en charge des Solidarités à la région.

Investissements croisés

Le Nouvel An chinois, organisé depuis 2017 au siège de la région était déjà un bel appel du pied culturel. Mais c’est surtout le volet économique qui risque de se retrouver au cœur des nouvelles relations.

En juin 2018, un protocole d’accord commercial avait été signé entre le port de Ningbo, leader mondial en volume de containers, et celui de Dunkerque. Pour l’instant, 36 sociétés chinoises se sont installées dans la région. A l’avenir, il est question d’investissements croisés dans le e-commerce ou encore l’intelligence artificielle.

Côté chinois, le représentant du Parti communiste, Zhu Guoxian, a précisé, dans son discours, espérer « acquérir une expertise en matière de tourisme et de culture à travers cette collaboration ». Le Zhejiang possède, en effet, un des plus beaux patrimoines de la Chine avec deux sites classés par l’Unesco et sa devise est « La montagne verte et la rivière claire, c’est la richesse ».

Une « route de la soie » ferroviaire

Parmi les gros projets qui se mettent en place autour de cette coopération, il est question de « marier les terminaux ferroviaires de Dourges et de Jinhua », explique Xavier Wanderpepen, directeur Chine-Europe à la SNCF.

Pour échapper aux transports maritimes, des marchandises pourront ainsi transiter entre les Hauts-de-France et la côte chinoise en 16 jours, via la voie ferrée. « Ces nouvelles routes de la soie n’en sont qu’à leurs débuts, prédit Xavier Wanderpepen. On pourra bientôt effectuer la liaison en 10 jours. »