Hauts-de-France: Le trail Côte d'Opale fait la guerre au plastique

TRAIL La plus grande course de la région a décidé de bannir les 30.000 gobelets utilisés aux ravitaillements

Francois Launay

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Le départ du trail de la Côte d'opale.
Le départ du trail de la Côte d'opale. — Sarah Alves Jorge
  • La plus grande course de la région a décidé de bannir les 30.000 gobelets utilisés aux ravitaillements.
  • Chaque coureur devra venir avec sa gourde pour se rafraîchir. 
  • Une démarche écologique pour préserver un parcours naturel entre les deux caps de la côte d'Opale. 

Huit mille coureurs, 170 signaleurs et 0 gobelet en plastique. Pour sa 13e édition qui se déroule les 7 et 8 septembre, le trail Côte d'Opale a décidé de frapper fort. Finis les 30.000 gobelets en plastique que les coureurs utilisaient pour se désaltérer aux ravitaillements. A partir de cette année, il faudra courir avec sa propre gourde ou son gobelet perso si on veut se rafraîchir pendant la course.

« Chaque coureur doit avoir son propre gobelet ou un récipient. La personne qui part sans rien ne pourra pas boire. Surtout qu’il est hors de question que les gens boivent à la bouteille. La personne qui fait ça sera mise hors course », assure Franck Viandier, fondateur et organisateur du trail de la Côte d'Opale.

« La population du trail a changé »

Pourtant, rien d’original dans cette démarche. Si le trail nordiste est la première course de la région à interdire le plastique aux ravitaillements, des courses de montagne comme le célèbre UTMB le font depuis plusieurs années. Cette décision écolo a été rendue nécessaire par les abus constatés ces dernières années sur les sentiers du littoral.

« La population du trail a changé. Il y a dix ans, c’était les puristes. Aujourd’hui, on a des gens qui viennent de la route qui n’ont pas forcément pris les bonnes habitudes. On est obligé de les encadrer. Si on ne fait rien, les gens ne font pas attention. Il faut tout le temps rappeler certaines choses », poursuit l’organisateur.

La pression de plus en plus importante des services de l’Etat

Et si jamais le message n’était pas assez clair, l’organisation promet d’exclure chaque trailer surpris en train de jeter ses déchets sur le parcours. Une méthode de père Fouettard indispensable si la course veut continuer à exister dans le futur.

« On a une pression de plus en plus importante des services de l’Etat qui gèrent la nature. On leur verse 10.000 euros pour courir dans la nature contre 2.000 euros auparavant. Ça représente 1 euro hors taxe par coureur. Mais l’argent va directement à un organisme chargé d’entretenir le site. Les trailers participent donc à l’effort de guerre à travers leur inscription », précise Franck Viandier

A chacun donc de montrer l’exemple à commencer par les organisateurs eux-mêmes. Si les gobelets n’ont plus lieu d’être aux ravitaillements, l’eau versée aux coureurs le sera depuis… des bouteilles en plastique qui seront toutes recyclées. La lutte écolo avance mais est encore loin d’être terminée.