Privatisation d’ADP: Comment les anti-privatisation veulent mobiliser lors de la Braderie de Lille

REFERENDUM Une dizaine d’associations, de syndicats et de partis politiques nordistes s’engage pour obtenir le premier référendum d’initiative populaire au sujet de la privatisation d’Aéroports de Paris

Gilles Durand
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Paris le 28/07/2019 - Mobilisation génrale du mouvement Génération.s et de volontaires pour un referendum contre la privatisation dADP (Aéroports de Paris) au marché de la place des fêtes, à Paris.
Paris le 28/07/2019 - Mobilisation génrale du mouvement Génération.s et de volontaires pour un referendum contre la privatisation dADP (Aéroports de Paris) au marché de la place des fêtes, à Paris. — PATRICK GELY/SIPA
  • En avril, 218 parlementaires avaient obtenu le droit de lancer une pétition de soutien pour l’organisation d’un référendum d’initiative populaire sur la privatisation d’Aéroports de Paris.
  • Un collectif nordiste veut profiter de la Braderie de Lille pour relancer la mobilisation et faire signer cette pétition.
  • Le collectif évoque la défense des services publics contre une « politique de démantèlement ».

Ils veulent profiter de la Braderie de Lille* pour remobiliser. Hostile à la privatisation envisagée pour Aéroports de Paris (ADP), une dizaine d’associations, syndicats et partis politiques vient de lancer « Sauvons ADP, collectif 59/62 ». Ce collectif nordiste a pour objectif d’inciter à signer la pétition demandant un référendum à propos de cette privatisation. « En empêchant la privatisation d’ADP, nous porterons un coup à la politique de démantèlement des services publics de Macron », souligne le collectif dans un communiqué. Actuellement, l’Etat est propriétaire d’ADP à 50,63 %.

« Dans cette affaire, il est question de souveraineté nationale et d’enjeu écologique. ADP est en excellente santé économique. Organiser un débat autour de sa privatisation doit être une évidence démocratique, même pour ceux qui y sont favorables. Car signer cette pétition de soutien ne signifie pas qu’on est contre, mais qu’on souhaite ce débat », explique Adrien Quatennens, député (LFI) du Nord et membre du collectif.

L’élu fait partie des 218 parlementaires qui ont demandé et obtenu, en avril, la possible organisation de ce référendum d’initiative partagée, premier du genre depuis l’instauration du dispositif dans la constitution, en 2008.

Signée par 10 % du corps électoral

Or, pour que ce référendum ait finalement lieu, la pétition de soutien doit être signée par 10 % du corps électoral, c’est-à-dire 4,7 millions de Français, avant mars 2020. Pour l’instant, le chiffre du million de pétitionnaires n’a pas encore été atteint. C’est pourquoi le collectif tente de rameuter les troupes.

« Les aéroports sont, en plus, un enjeu dans la régulation climatique. Or, comment réguler si on les laisse aux mains d’entreprises privées ? », s’interroge Jérémie Crépel, élu (EELV) à la Métropole de Lille. Ce dernier prend pour exemple le récent transfert de gestion de l’aéroport de Lille-Lesquin à la société Eiffage avec un objectif de doubler le nombre de voyageurs. « En quoi est-ce compatible avec les objectifs climatiques de la métropole lilloise ? », questionne l’élu.

*Le collectif sera présent à la Braderie de Lille, samedi et dimanche, sur le stand des associations de la porte de Paris.