VIDEO. Lille: Des voyageurs privés de bus à cause d'un bras de fer entre une mairie et la métropole

TRANSPORTS Les autobus d’une ligne ne passent plus à Marcq-en-Barœul, une ville de la métropole de Lille, à la suite d’un différend concernant les trajets des transports en commun

Gilles Durand

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Illustration d'un bus Ilévia de la Métropole de Lille.
Illustration d'un bus Ilévia de la Métropole de Lille. — G. Durand / 20 Minutes
  • Depuis une semaine, les bus de la ligne 12, une des plus fréquentées de la métropole de Lille, ne circulent plus à Marcq-en-Barœul.
  • La mairie et la métropole de Lille se livrent à un bras de fer concernant le terminus de cette ligne qui a changé de trajet en début d’année.
  • Depuis la modification du réseau de bus, la fréquentation des voyageurs a baissé de 4 %.

Depuis une semaine, les bus de la ligne 12, une des plus fréquentées de la métropole de Lille (MEL), ne circule plus à Marcq-en-Barœul. Et la situation risque de durer jusqu’à la rentrée de septembre. En cause, un bras de fer que le maire de la ville, Bernard Gérard (LR), a engagé avec Ilévia, le gestionnaire des transports en commun de la métropole lilloise. Explications.

Fin janvier, Ilévia changeait son plan de circulation des bus pour s’adapter à une réduction budgétaire de 10 %, votée par le conseil communautaire de la MEL, dont les élus de Marcq-en-Barœul.

« La promesse d’un meilleur service de bus »

« Ilévia, à l’époque Transpole, nous avait fait la promesse d’un meilleur service de bus avec notamment des navettes électriques, justifie la mairie de Marcq-en-Barœul, forte de ses 38.000 habitants. Or, nous avons découvert, en même temps que les voyageurs, la réduction d’un trajet sur la ligne 12 et nous n’avons vu aucune navette électrique. »

Depuis, le maire ne décolère pas. « On s’est moqué de nous », dénonce son chef de cabinet. Pour contraindre les autobus à reprendre leur circuit initial, la mairie a donc pris, début juillet, un arrêté interdisant la circulation des plus de 3,5 tonnes, donc aussi des bus, sur certaines rues de la commune.

Ni une, ni deux, la réponse d’Ilévia n’a pas tardé : les bus ne passeront plus dans la commune jusqu’à la fin de l’arrêté. « Lors des concertations préalables à propos du nouveau réseau de bus, le terminus de la ligne 12 avait été positionné en plein accord avec la ville de Marcq. Depuis, la ville a souhaité revenir à la situation initiale », assure la MEL, dans un communiqué, au nom de son délégataire de service, Ilévia.

« La perte de 500.000 passagers par an »

Or, selon la MEL, « les études démontrent que cette solution [de revenir à la situation initiale] est préjudiciable pour les usagers des autres communes qui empruntent cette ligne 12 », faisant « perdre 500.000 passagers par an à la future Liane 5 ». « Elle n’est pas justifiée compte tenu du faible nombre de voyageurs concernés par cet itinéraire », ajoute la MEL.

« Il ne faudrait pas que la proximité des élections municipales se traduise par une prise d’otage des usagers d’Ilévia », renchérit Daniel Janssens, vice-président chargé des Transports à la MEL. A Marcq, on assure avoir pris contact avec un avocat pour régler cette affaire.

Une baisse de 4 % de la fréquentation

Dans cette histoire, le maire de Marcq-en-Barœul n’est pas le seul à critiquer le nouveau réseau de bus mis en place par Ilévia. Selon les statistiques publiés par le gestionnaire de transport public, la fréquentation des bus a baissé de 4 % par rapport à l’année dernière*. Un chiffre qui fait tache pour une métropole particulièrement affectée par la pollution de l’air.

La MEL a donc partiellement réagi. A la rentrée, une quinzaine de mesures correctives doivent être apportées à ce réseau pour un avenant budgétaire de 3,3 millions, comprenant notamment l’achat de dix nouveaux bus. Mais rien concernant Marcq-en-Barœul.

* Avec une augmentation de 2 % du nombre de validations par km, la MEL tient à préciser qu’il y a « moins de bus "vides", un réseau plus efficace et un report plus important vers les modes lourds (métro, tramway) puisqu’on constate une augmentation de 8 % du nombre de validations sur le réseau global ».