Lille: Les nouveaux gestionnaires de l'aéroport de Lille-Lesquin voient (très) grand

TRANSPORT Eiffage et Aéroport de Marseille ont obtenu la nouvelle délégation de service public pour 20 ans

Mikael Libert

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Le projet d'extension de l'aéroport de Lille.
Le projet d'extension de l'aéroport de Lille. — ENIA Architectes
  • Eiffage et l’aéroport de Marseille vont gérer l’aéroport de Lille dès 2020.
  • L’infrastructure va être largement agrandie et modernisée.
  • L’objectif est de passer de deux à quatre millions de passagers d’ici à 2039.

« Petit » aéroport deviendra grand. Le premier janvier prochain, le groupe Eiffage et l’aéroport de Marseille Provence (AMP) exploiteront conjointement l’aéroport de Lille-Lesquin après avoir remporté la nouvelle concession de 20 ans. Exit donc la Chambre de commerce (CCI) de Lille, concessionnaire historique, et place aux nouveaux venus et à leur projet de développement ambitieux de cette infrastructure publique.

N’en déplaise aux écologistes et aux Suédois atteints de « flygskam » (honte de voler), le transport aérien semble avoir de beaux jours devant lui. Après avoir dépassé récemment les deux millions de voyageurs annuels, Lille-lesquin, 10e aéroport français, « arrive en fin de cycle », affirme Christophe Coulon, président du Syndicat mixte des aéroports de Lille et Merville (SMALIM). Les appels à projets devaient prendre en compte la volonté du SMALIM de doubler le nombre de voyageurs d’ici à 2039, faisant passer de 20.000 à 24.000 le nombre de décollages et d’atterrissages annuels.

La surface de l’aérogare va doubler

Du coup, l’infrastructure vieillissante va subir des transformations drastiques. Pour leur projet, Eiffage et AMP ont choisi le cabinet d’architectes Enia. « La surface au sol de l’aérogare va doubler pour atteindre les 33.000 m2, mais sans dénaturer l’architecture de ce bâtiment particulier », assure l’architecte Brice Piechaczyk. Une gigantesque extension sera construite dans le prolongement ouest de l’aérogare et l’agencement général va être repensé : « Pour simplifier les flux, les arrivées et les départs seront clairement séparés avant même d’entrer dans le bâtiment », poursuit-il.

Le projet d'extension de l'aéroport de Lille.
Le projet d'extension de l'aéroport de Lille. - ENIA Architectes

Pour cela, le parking et la rampe d’accès situés en façade de l’aérogare vont disparaître, laissant place à un immense parvis en partie couvert par un auvent. Sur la droite de l’entrée, une gare routière pour accueillir bus et navettes. Les taxis, eux, seront relégués dans une zone d’attente à gauche. Selon nos informations, les voyageurs devront les appeler à l’aide d’une borne. Un nouveau parking « premium » sera construit derrière le parvis.

La question de l’accessibilité

En termes d’accessibilité, on reste donc sur un tout routier, pour l’instant du moins. « Pour ne pas engorger davantage la métropole, nous souhaitons augmenter de 5 % à 17 % la proportion de voyageurs qui utilisent les transports en commun », assure le président du SMALIM. Ce ne sera pas en tramway en tout cas. « La fréquence des navettes va être augmentée et on espère cette fameuse voie réservée aux transports en commun sur l’A1 », glisse-t-il. Sans le dire explicitement, Christophe Coulon remet sur le tapis le projet de téléphérique entre Lille et l’aéroport : « On a quelques idées en l’air », plaisante-t-il.

Comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même, c’est Eiffage qui va réaliser les travaux pour un budget de 90 millions d’euros. « Les travaux doivent être terminés en 2023, c’est très rapide et d’autant plus difficile que l’aéroport doit continuer de fonctionner pendant ce temps. Mon entreprise est capable de réaliser cela », affirme Marc Legrand, directeur d’Eiffage concessions. A terme, l’équipement permettra de proposer une dizaine de nouvelles destinations, principalement en Europe.