VIDEO. Nord: Sept soldats tués pendant la guerre 1914-1918 viennent d'être identifiés

MEMOIRE A l’occasion de l’anniversaire d’une bataille de la Première Guerre mondiale, l’Australie a célébré sept soldats dont l’identité a été retrouvée, 103 ans après leur mort

Gilles Durand

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Une des tombes d'un soldat australien identifié, dévoilée le 19 juillet 2019, au cimetière militaire de Fromelles, dans le Nord.
Une des tombes d'un soldat australien identifié, dévoilée le 19 juillet 2019, au cimetière militaire de Fromelles, dans le Nord. — G. Durand / 20 Minutes
  • Sept soldats australiens, tombés pendant la Première Guerre mondiale, viennent d’être identifiés, dix ans après la découverte de leur corps, à Fromelles, dans le Nord.
  • Le gouvernement australien poursuit, depuis dix ans, un programme d’identification de ses soldats basé sur la recherche d’ADN.

Ils sont morts, il y a 103 ans. Sept soldats australiens, tombés pendant la Première Guerre mondiale, viennent d’être identifiés, dix ans après la découverte de leur corps. Leurs noms ont été dévoilés, ce vendredi, lors d’une cérémonie célébrant l’anniversaire de la bataille de Fromelles, dans le Nord.

Comment peut-on retrouver l’identité d’un soldat plus d’un siècle après sa mort ? 20 Minutes s’est penché sur la question.

Une fosse commune avec 250 corps

« Il y a une fascination en Australie pour ces jeunes soldats qui sont venus combattre volontairement de l’autre côté de la planète, il y a plus de cent ans. C’est pourquoi notre gouvernement continue de financer le programme d’identification des corps retrouvés sur les champs de bataille », explique Brendan Berne, ambassadeur d’Australie à Paris.

Le processus d’identification de ces sept soldats a commencé, il y a dix ans. En 2009, des fouilles archéologiques permettaient de retrouver 250 corps de soldats britanniques et surtout australiens, enterrés par les Allemands dans plusieurs fosses communes. Ces soldats avaient été tués lors de l’offensive des Alliés, dans la nuit du 19 au 20 juillet 1916, près de Fromelles. En une seule nuit, les troupes britanniques et australiennes avaient perdu 7.000 hommes.

Les restes humains de ces soldats, pour certains identifiés, avaient été inhumés, en 2010, dans un nouveau cimetière militaire. Depuis, des scientifiques australiens mènent toujours de minutieuses recherches d’identification. En s’appuyant tout d’abord sur les prélèvements ADN d’environ 3.000 Australiens, descendants de « disparus au combat » durant la Guerre 14-18.

« Mon père était porté disparu à la bataille de Fromelles »

« J’avais donné un échantillon en 2009, lorsque j’ai appris la découverte des fosses communes à Fromelles. Je savais que mon grand-père, Leslie Dunn, était porté disparu à cette bataille », raconte Roley Dunn, qui habite près de Townsville, dans le nord est de l’Australie.

A 58 ans, il a appris l’émouvante nouvelle en début d’année. « Mon regret, poursuit-il, c’est que mon frère qui avait aussi donné son ADN pour aider les recherches, est mort quelques semaines avant cette annonce ». Dans ce voyage de trois jours en France pour assister aux funérailles officielles de son ancêtre, il est accompagné de son neveu et des arrières-arrières-petits enfants de Leslie Dunn.

« Ça permet de tracer une lignée paternelle »

Mais lorsque aucun prélèvement d’ADN des descendants n’a été fourni, le processus de recherche se complique. « C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Nous faisons quasiment du porte-à-porte pour retrouver et contacter les membres de la famille afin de demander un don d’ADN », rapporte un responsable militaire de ces recherches, sur le site australien d'ABC News.

Car la comparaison d’ADN reste le moyen d’identification le plus efficace, même si les empreintes dentaires ou digitales, voire la taille, peuvent également apporter des éléments. C’est une équipe de scientifiques et de médecins légistes, basée à Sydney, en Australie, qui travaille sur cet ADN, selon une méthode nouvelle basée sur l’ADN mitochondrial.

« Cette évolution scientifique permet de tracer une lignée paternelle d’un soldat jusqu’à un parent encore vivant », selon une médecin-légiste de Sydney. A partir de fragments d’os, on peut aussi parfois déterminer à quoi ressemblait un soldat non identifié : couleur de cheveux ou des yeux, par exemple.

Les archives de la Croix Rouge consultées

Pour compléter les recherches, les enquêteurs du programme d’identification peuvent également consulter les archives de la Croix Rouge australienne qui confirme le destin tragique de tel ou tel soldat, d’après les témoignages de l’époque.

L’an dernier, neuf corps avaient déjà pu être identifiés. « Avec le temps qui passe, l’identification devient néanmoins de plus en plus complexe et difficile », prévient Guy Holthouse, attaché militaire chargé de l’identification.

Des fosses communes de Fromelles, il reste 84 soldats australiens inconnus. Il en reste des milliers sur tous les autres champs de bataille de la Première Guerre Mondiale.