Boulogne-sur-Mer: Partouche perd un casino mais entend récupérer sa mise

JUSTICE Le groupe Partouche n’a pas apprécié de se faire évincer de la ville portuaire au profit d’un concurrent Belge

Mikaël Libert

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Le casino de Boulogne-sur-Mer.
Le casino de Boulogne-sur-Mer. — Google maps

Depuis jeudi, le drapeau du groupe Partouche ne flotte plus sur le casino de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais. En février dernier, la municipalité avait rejeté l’offre du casinotier Français pour la nouvelle délégation de service public, lui préférant le groupe Belge, Golden Palace. Mais Partouche, présent sur place depuis 33 ans, n’entent pas laisser la concurrence rafler si facilement la mise.

Deux recours déposés au tribunal administratif

L’affaire va désormais se jouer devant les tribunaux. Dès l’annonce de son éviction de Boulogne-sur-Mer, Partouche avait intenté un recours auprès du tribunal administratif. La raison était que la convention d’occupation du domaine public, signée entre la ville et le groupe, ne devait se terminer qu’en 2035. Partouche dénonce le fait que la ville a récupéré « sans indemnité, après dix ans, la jouissance d’un immeuble qu’on nous a demandé de construire à nos frais ». Dans ce premier recours, Partouche demande donc une indemnisation à hauteur de 12 millions d’euros selon l’AFP.

Mais le casinotier Français ne s’arrête pas là. Il a déposé, mi-juin, un second recours devant la même juridiction pour contester « l’attribution inéquitable de la concession du casino à un exploitant belge » a-t-on appris, vendredi, dans un communiqué du groupe Partouche.

Outre la carte justice, l’évincé semble prêt à jouer la carte politique : « Nous donnons rendez-vous pour toutes les prochaines échéances qui concerneront le casino de cette ville et son futur maire », conclut le groupe Partouche dans son communiqué. Dans son viseur, les prochaines élections municipales de 2020 et, peut-être, l’élection d’un maire plus compréhensif.