Nord: Comment un village de 5.000 habitants s'est mis en tête de devenir le plus grand club français de foot féminin

FOOTBALL Le petit club de Bousbecque a le projet fou de monter en Division 1 féminine d'ici 2024

Francois Launay

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L'équipe de Bousbecque a remporté ses 18 matchs cette saison et monte en quatrième division
L'équipe de Bousbecque a remporté ses 18 matchs cette saison et monte en quatrième division — FCBF
  • Petit village de 5.000 habitants, Bousbecque ambitionne de devenir l’un des plus grands clubs de foot féminin français.
  • Un projet dingue mis en place par Jean-Baptiste Gallen, un entrepreneur nordiste, qui a décidé de faire jouer son réseau pour financer cette folle ambition.

Lyon et le PSG peuvent commencer à trembler. Les deux plus grands clubs français de foot féminin  auront peut-être bientôt un concurrent de choix au plus haut niveau national. Son nom ? Bousbecque. Un village de 5.000 âmes niché dans la campagne lilloise. Balancée comme ça, cette information a tout de la fake news.

Mais que les plus sceptiques ne se marrent pas trop vite. Le petit nordiste a vraiment décidé de se hisser au plus haut niveau du foot féminin. Et pas dans un siècle mais bien dans cinq ans. « On veut jouer en D1 en 2024 contre l’Olympique Lyonnais. Je veux mener Bousbecque sur le toit du football féminin français », lance Jean-Baptiste Gallen, à l’origine de ce projet fou.

Un remerciement décisif

Cet entrepreneur nordiste de 44 ans, qui a réussi dans l'imprimerie, a eu le coup de foudre pour le foot féminin il y a deux ans. Et comme souvent dans ce genre d’histoire, le hasard a joué un grand rôle.

« En avril 2017, un client a décidé de me faire découvrir un match de foot féminin à Bousbecque. Ça m’a plu mais un truc m’a choqué : le manque d’équipements. Les filles jouaient avec des maillots délavés et pas du tout adaptés à leur taille. Quand j’ai vu ça, j’ai décidé de les aider en leur finançant des équipements. C’est comme ça que je suis devenu partenaire du club. L’histoire aurait dû s’arrêter là. Mais en septembre 2017, je suis revenu les voir. Et avant de jouer leur match, elles sont venues me voir en tribune pour me remercier. Ce “merci” a été un déclencheur. En voyant cette sincérité, j’ai eu un déclic », explique le Nordiste.

18 victoires en 18 matchs et une montée en 4e division

Le coup de foudre provoqué, ne restait plus qu’à prolonger l’histoire d’amour. Jean-Baptiste Gallen a donc décidé de faire jouer son réseau. Il attire plusieurs partenaires autour de lui et en juin 2018, il se lance et crée le Football Club Bousbecque Féminine  (FCBF), un club 100 % féminin. A peine lancé, le club rencontre un succès fou.

« On a commencé avec 14 joueuses, quelques mois plus tard, on avait 120 licenciées. Notre saison en cinquième division a été un succès avec 18 victoires en 18 matchs et une montée en quatrième division », raconte celui qui est naturellement devenu le président du club qu’il a créé.

Des gros moyens qui font des jaloux

Avec un budget de 200.000 euros entièrement obtenu grâce à des partenaires privés, le FCBF a des moyens largement supérieurs à ses concurrents. Des primes de match (30 euros par victoire) sont octroyées aux joueuses qui voient aussi leurs frais de déplacement remboursés. C’est peut-être un détail pour vous mais dans le foot féminin, ça veut dire beaucoup. « Il y a tellement rien dans le foot féminin aujourd’hui que dès que vous donnez un petit quelque chose, c’est révolutionnaire », assure le président.

Forcément, en voyant débarquer avec de tels moyens un club fabriqué de toutes pièces, les jalousies des concurrents n’ont pas tardé à arriver. Bousbecque est rapidement devenu le club des nantis. « Nos joueuses sont traitées de petites princesses. C’est un peu compliqué. Mais j’invite tous les jaloux et rageux à me contacter pour que je leur donne ma recette qui est simple : le travail. Je n’attends pas les subventions pour avancer », tacle Jean-Baptiste Gallen envers les autres clubs.

Un plan quinquennal pour viser la D1

Une méthode de rouleau compresseur totalement assumée. « On ne veut pas perdre de temps. Il y a quelques mois, les gens me prenaient pour un fou mais on est déjà en quatrième division. On a mis en place de la formation et on attire des joueuses qui ont déjà évolué au plus haut niveau », conclut le patron du FCBF qui a déjà fait son plan quinquennal

Pour jouer en D1 en 2024, Bousbecque aura besoin d’un budget d’1,5 million d’euros. Une somme folle pour un club de village. Mais après une première année réussie, ce qui ressemblait au premier abord à une blague est en train de vraiment devenir une folle histoire.