Pas-de-Calais: Des anxiolytiques planqués à la place de protéines de nutrition

FAITS DIVERS Les douaniers du tunnel sous la Manche ont intercepté près d’un demi-million de comprimés de contrebande

Mikael Libert

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La saisie de diazépam par la douane du Tunnel.
La saisie de diazépam par la douane du Tunnel. — Douane Française
  • Les douaniers du tunnel sous la Manche ont saisi des médicaments de contrebande.
  • Près d’un demi-million de comprimés de diazépam, un anxiolytique.
  • La marchandise était destinée au marché parallèle en Grande-Bretagne.

Jeudi dernier, les douaniers du tunnel sous la Manche ont intercepté une cargaison de près d’un demi-million de comprimés de tranquillisants de contrebande. La marchandise provenait de Slovaquie et était destinée au marché illégal en Grande-Bretagne.

C’est en contrôlant un camion immatriculé en Lituanie que les douaniers du Tunnel ont découvert le pot aux roses. Selon les documents présentés par le chauffeur du véhicule, sa cargaison était constituée d’un groupage de colis en provenance d’Allemagne. Dans la remorque, les douaniers ont constaté la présence de « plusieurs cartons emballés d’un film noir contenant des bidons en plastique scellés ». Ces contenants étaient supposés renfermer des « protéines pour la nutrition ».

« Substitut des opiacés ou de l’alcool »

Pour en avoir le cœur net, les fonctionnaires ont ouvert l’un des pots. Dedans, point de protéines, mais « des tablettes de médicaments en vrac, sans notice ni emballage ». La même chose a été découverte dans les 44 bidons inspectés. Cela ne représente pas moins de 415.695 comprimés de diazépam pour une valeur estimés de 470.000 euros.

Au vu du conditionnement des médicaments, les douaniers suspectent « un usage détourné de leur vocation thérapeutique ». Selon eux, « cette molécule est en effet fréquemment utilisée en substitut des opiacés ou de l’alcool. En association avec ce dernier, elle permet de modifier le comportement ».

Après audition, le chauffeur du camion, de nationalité biélorusse, a été mis hors de cause. Un échantillon des médicaments saisis « est en cours d’analyse ». Selon le ministère de l’Action et des Comptes publics, « Cette saisie représente à elle seule un tiers des médicaments à usage humain interceptés par les services douaniers l’an dernier ».