Lille: Comment de vieilles rames TGV sont transformées en train moderne

INDUSTRIE Le Technicentre industriel de la SNCF, à Lille-Hellemmes, prépare l’avenir en jonglant avec le recyclage des TGV et leur digitalisation

Gilles Durand

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Un TGV en cours de rénovation au Technicentre de Lille-Hellemmes.
Un TGV en cours de rénovation au Technicentre de Lille-Hellemmes. — G. Durand / 20 Minutes
  • Le Technicentre industriel de la SNCF, à Lille-Hellemmes, rénove chaque année une vingtaine de rames de TGV.
  • En 2020, une nouvelle usine doit voir le jour dans ce Technicentre industriel.
  • L’objectif est de digitaliser, de plus en plus, les TGV pour détecter les pannes avant qu’elles ne se produisent.

A la SNCF, l’avenir passe par l’art du recyclage. En cette semaine d’ouverture des portes au grand public avec l’opération « Vive le train », 20 Minutes a pu visiter les coulisses du Technicentre industriel (TI) de Lille-Hellemmes, le plus important de France. C’est dans cette usine ferroviaire – en pleine rénovation elle aussi – que les anciens TGV se modernisent.

Trois à quatre fois moins cher que le neuf

« Ici, on fait du neuf avec du vieux », lance un technicien cheminot. Sur 2,5 km, les ateliers se succèdent. Ici, on répare les portes. Ailleurs, on rafistole la carrosserie. « On révise aussi les pièces qui vont du transformateur de 15 tonnes à la carte électronique, en passant par les essieux », note Jean-Paul Gomaris, directeur du TI d’Hellemmes.

Objectif : augmenter la durée de vie et la performance du matériel roulant. « Ces opérations de rénovation coûtent trois à quatre fois moins cher que d’acheter des rames neuves », assure Jean-Paul Gomaris. Et elles permettent d’installer les nouvelles technologies à la demande de la SNCF, d’Eurostar ou de Thalys.

Digitalisation des TGV

Chaque année, une vingtaine de rames subit cette cure de jouvence à Hellemmes. La durée de vie d’un TGV est d’environ 40 ans. Or, à l’âge de 20 ans, chacune des 300 rames, actuellement en service, doit ainsi subir une vérification complète de plusieurs semaines.

Atelier de rénovation de portes, en l'occurrence d'un Thalys, au Technicentre industriel de Lille-Hellemmes.
Atelier de rénovation de portes, en l'occurrence d'un Thalys, au Technicentre industriel de Lille-Hellemmes. - G. Durand / 20 Minutes

« Grâce à ce système, il reste encore en circulation trois ou quatre TGV de la première génération, mais on prépare aussi le TGV du futur, totalement connecté », indique Olivier Vlamynck, responsable du 574, le pôle innovation du TI, qui regroupe environ 150 ingénieurs et développeurs.

« Cette évolution de l’industrie vers le digital permet d’améliorer l’efficacité, assure Jean-Paul Gomaris. On voit s’améliorer les courbes de régularité concernant la circulation depuis que nous installons des solutions digitales ». Le principe : détecter les pannes avant qu’elles ne se produisent.

Une nouvelle usine en 2020

Cette nouvelle organisation du travail se traduit aussi par la construction d’un nouveau site industriel de 28.000 m2 sur l’emprise du Technicentre d’Hellemmes. Il doit remplacer, dès l’année prochaine, environ 55.000 m2 d’usine, dont les plus vieux bâtiments datent du 19e siècle.

« A l’avenir, explique le directeur, on pourra effectuer la maintenance et la rénovation de tous types de matériels roulants : trains, trams, métros, sans distinction. »