VIDEO. Lille: L'agression, menée par des identitaires contre une jeune fille et filmée par Al Jazeera, était-elle raciste?

JUSTICE La justice va devoir se pencher sur le caractère raciste ou non de l’agression d’une adolescente par des militants identitaires

Gilles Durand
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Illustration des groupes d'extrême droite identitaires.
Illustration des groupes d'extrême droite identitaires. — C. Villemain / 20 Minutes
  • En décembre 2018, le procureur de Lille ouvrait une enquête après la diffusion d’un reportage par la chaîne Al Jazeera sur des militants identitaires.
  • Ce reportage montrait un groupe d’extrême droite frapper une jeune fille dans la rue.
  • Le procès, qui devait avoir lieu ce vendredi, a été reporté à décembre 2019.

L’agression d’une jeune fille était-elle raciste ? La question va se poser lors du procès de trois militants identitaires qui se tiendra finalement le 4 décembre, au tribunal correctionnel de Lille. Programmée ce vendredi, l’audience a été reportée à la demande de plusieurs associations qui se sont portées partie civile dans ce dossier.

Quatre coups de poing

L’affaire remonte à décembre 2018. Un reportage baptisé « Génération hate » est diffusé sur la chaîne Al-Jazeera. Il montre un groupe se revendiquant d’extrême droite, s’en prendre à une jeune fille après une altercation, dans la rue Massena, à Lille. Les faits remontent au 10 janvier 2018. Au sein de ce groupe se trouvent les trois prévenus : Guillaume D., Rémi F. et Etienne V.

Sur les images, on voit Guillaume D. utiliser une bombe lacrymogène avant que Rémi F. ne la frappe de quatre coups de poing. A l’issue de la diffusion, le procureur avait ouvert une enquête et trois personnes avaient été poursuivies pour violences aggravées.

Depuis, quatre associations ont décidé de se porter partie civile pour faire reconnaître des circonstances aggravantes à cette agression. « Nous souhaitons que le mobile de racisme soit retenu par la justice. Dans le reportage, on entend un des prévenus employer le terme de "rebeu". C’est la raison pour laquelle il a porté des coups à la jeune fille », argumente Me Nicolas Nef Naf, avocat pour SOS Racisme.

Interpellée pour vol

Or, l’enquête de police a aussi démontré que la victime, âgée de 14 ans au moment des faits, avait été interpellée, peu après, par la brigade anti criminalité (Bac) pour vol. Ce que n’a pas manqué de préciser l’avocat de Rémi F., Me Eric Cattelin-Denu. « Elle insultait tout le monde. C’est elle qui est venue les provoquer. Il ne faut pas donner plus d’importance à cette affaire qu’elle n’en a, même sous la pression d’une presse étrangère », assure l’avocat.

Le dossier va donc être réétudié par le ministère public et les juges vont devoir se pencher sur la caractérisation ou non d’un acte raciste. En attendant, le contrôle judiciaire a été maintenu pour les trois prévenus.