Hauts-de-France: Certaines infrastructures régionales sont dans un piteux état

ETUDE La Fédération régionale des travaux publics pointe du doigt le manque d’entretien de certaines infrastructures régionales

Mikael Libert

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Les routes des Hauts-de-France manquent d'entretien (illustration).
Les routes des Hauts-de-France manquent d'entretien (illustration). — M.Libert / 20 Minutes
  • Le patrimoine des infrastructures régionales est estimé à 210 milliards d’euros.
  • Environ 70 % des routes nécessitent des travaux d’entretien.
  • Les fuites sur le réseau d’eau potable représentent 280 millions d’euros par an.

Elle défend son gagne-pain. La Fédération des travaux publics (FRTP) des Hauts-de-France vient de livrer un état des lieux des infrastructures régionales. Routes, voies ferrées, réseau d’eau ou d’électricité… Tout y passe et le résultat n'est pas toujours très reluisant. La FRTP a certes un intérêt économique à pointer du doigt le manque d’entretien de ce patrimoine, les entreprises qui y adhérent étant aussi celles qui réalisent les travaux. Pour autant, les chiffres présentés n’en sont pas moins inquiétants.

Un patrimoine estimé à 210 milliards d’euros

Pour réaliser cette étude, la Fédération des travaux publics a fait réaliser un recensement relativement exhaustif des infrastructures. De savants calculs lui ont ensuite permis d’estimer le prix global de ces réseaux de routes, de chemin de fer, d’électricité, d’eau, de gaz ou encore de transports en commun. Le chiffre est édifiant : 210 milliards d’euros. Le postulat est simple pour la FRTP : un patrimoine de cette valeur, il faut l’entretenir pour ne pas qu’il se déprécie. Et si tout ne tombe pas en ruines, il y a tout de même deux gros points noirs.

Le premier concerne le réseau routier. Selon l’étude, ce sont 70 % des routes nationales et des autoroutes non concédées qui nécessitent des travaux d’entretien. Sur les 1.578 km de chaussée analysées par la DIR Nord (Direction interdépartementale des routes) dans les Hauts-de-France en 2018, seuls 24 % ont été considérés en « bon état ».

Et quand on se penche sur les 1.142 ouvrages d’art routiers, on constate que 52 % sont en bon état mais que 10 % nécessitent des travaux de réparation. Plus spécifiquement, 41 % des ponts routiers devraient faire l’objet de travaux.

Environ 20 % de l’eau potable disparaît à cause des fuites

Le second point noir, c’est le réseau de distribution d’eau potable et ses 91.000 km de canalisations dans toute la région. Une large majorité des tuyaux a été installée il y a (très) longtemps. 50 % avant 1960 et 20 % avant 1940. Le problème, selon la FRTP, c’est que la « durée de vie conseillée pour un réseau de canalisation » est de 70 ans. La Fédération a calculé qu’au rythme actuel de renouvellement des anciennes canalisations, il faudrait 160 ans pour remettre le réseau en état.

Une vétusté qui explique le mauvais rendement du réseau. Selon des chiffres de 2015, c’est 20 % de l’eau potable acheminée qui disparaissait dans la nature à cause des fuites. Outre le côté gaspillage, ces pertes ont un prix, estimé à 280 millions d’euros chaque année.