Lille: Procyclette, la start-up qui souhaite faire pédaler les artisans

INITIATIVE Ils veulent convaincre les artisans de troquer leurs camionnettes contre des triporteurs

Mikael Libert

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Un triporteur peut transporter jusqu'à 200 kg (illustration).
Un triporteur peut transporter jusqu'à 200 kg (illustration). — M.Libert / 20 Minutes
  • Procyclette répertorie les artisans qui interviennent à vélo à Lille.
  • Pour éviter que les habitants de quartiers difficiles d’accès en voiture soient pénalisés.
  • Ce genre d’initiative existe déjà à Paris ou Bordeaux, notamment avec des plombiers.

Vincent Lengagne et Antoine Garbez, deux trentenaires originaires de Lille, ont fondé la start-up Procyclette. Incubée à Euratechnologies, leur société a pour objet la mise en relation entre les habitants de l’hypercentre avec des artisans qui se déplacent à vélo. Les deux Lillois vont aussi tenter de convaincre les professionnels de lâcher leur voiture. Une tâche loin d’être gagnée d’avance.

C’est un peu par la force des choses que les deux cofondateurs de Procyclette ont eu l’idée de monter cette plateforme. « Pour ma part, j’étais commercial et j’effectuais mes déplacements en voiture. Et pour venir à Lille, c’était toujours la galère », explique Antoine Garbez. Vincent Lengagne, lui, avait déjà chopé le virus du vélo. Il a développé un business de laveur de vitres à bicyclette. D’abord seul, Vincent a même dû embaucher tellement son affaire tournait bien.

« Difficulté pour trouver un chauffagiste »

C’est en se déplaçant chez une cliente, rue de Gand, à Lille, que Vincent a eu une révélation : « Elle lui a confié sa difficulté pour trouver un chauffagiste pour l’entretien de sa chaudière. Tous se défilaient quand elle leur disait où elle habitait », assure Antoine. C’est vrai que le Vieux-Lille est plutôt compliqué d’accès en voiture, sans parler de la difficulté pour trouver une place de stationnement.

L’idée des deux compères est donc de dénicher des artisans qui se déplacent à vélo et de les répertorier sur leur plateforme. « Nous avons déjà un coiffeur, un laveur de vitres, un architecte, un restaurateur et bientôt un électricien », énumère Antoine. Mais ils ne comptent pas s’arrêter là.

« Nous démarchons aussi les professionnels qui ne sont pas encore passés au vélo pour tenter de les convaincre. Ce n’est pas facile car la plupart se mettent des barrières qui n’en sont pas vraiment en fait », poursuit le cofondateur. Pour ceux qui ont du matériel, Antoine explique qu’il existe des triporteurs capables de transporter jusqu’à 200 kg. Pour le mauvais temps, il suffit de s’équiper.

Un investissement rentable

Encore faut-il investir dans un triporteur, un engin dont le prix neuf dépasse les 4.000 euros. « Mais c’est assez vite rentabilisé grâce aux économies de carburant et de stationnement », promet Antoine.

Pour les fondateurs de Procyclette, le développement du vélo est inéluctable : « Le nouveau plan de circulation réduit la place de la voiture en ville, et c’est une bonne chose. Il y a aussi les épisodes de pollution à répétition. Et puis faire du vélo, c’est bon pour la santé », insiste Antoine. Bon, il reconnaît tout de même que trimbaler un cumulus dans un triporteur, ce n’est pas facile.