Mort des 30 requins-marteaux dans un aquarium, Sea Shepherd dépose plainte contre Nausicaá

ANIMAUX Nausicaá et son aquarium géant sont visés par une plainte après la mort des 30 requins-marteaux capturés depuis 2011

Gilles Durand

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Illustration d'un requin-marteau.
Illustration d'un requin-marteau. — M. Evans/SIPA

Mise à jour, le 30 avril, à 22 h : Les avocats de Nausicaá répondent au dépôt de plainte, rappelant que l’Unesco l’a reconnu Centre d’excellence : « (…) Au-delà des postures idéologiques, le débat ne peut ignorer que les menaces sur la biodiversité sont telles – notamment le braconnage – que la reproduction en centre aquatique est un réel sujet de recherche. Surtout, le procès intenté par cette association, qui donne ses instructions au parquet mais omet de rappeler qu’elle ne bénéficie pas de l’agrément de protection de l’environnement (…) est une bien curieuse méthode pour faire valoir ses arguments. (…) »

La polémique grandit. Après la mort de 30 requins-marteaux à Nausicaá depuis 2011, Sea Shepherd annonce, ce lundi, avoir déposé plainte contre le centre national de la Mer de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais.

Dans un communiqué, l’ONG reproche des « sévices graves » et « le non-respect de la réglementation sur la détention des animaux sauvages en captivité, ayant entraîné la mort ».

« C’est le prix à payer pour présenter cette espèce »

En 2011, l’aquarium de Boulogne-sur-Mer avait capturé, au large de l’Australie, vingt jeunes requins marteaux dans leur milieu naturel. L’année dernière, une dizaine de bébés requins avaient encore été prélevés. L’animal devait être l’attraction du nouvel aquarium géant construit par Nausicaá.

Le coût de ces requins – environ 900.000 euros – avait déjà alimenté la controverse, en janvier. « Nous ne payons pas le requin, mais les frais de capture et d’élevage. On n’a pas perdu cet argent, c’est le prix à payer pour présenter cette espèce », précisait, à l’époque, Philippe Valette, directeur de Nausicaá, à 20 Minutes.

Lutte contre le braconnage

« Pourquoi l’aquarium persiste-t-il à vouloir exhiber ces animaux fragiles, menacés et dont la longévité dans leur milieu naturel excède de loin celle d’une vie captive ? L’alibi de la protection pour justifier une exploitation commerciale d’espèce menacée est insupportable », accuse Sea Shepherd qui met en cause les conditions d’élevage et de prélèvement.

L’ONG préférerait voir « les 3 millions d’euros de fonds publics engloutis dans ce projet d’exhibition (…) investis dans la lutte contre le braconnage dans leur milieu naturel, première cause de leur mortalité ».

« Les 20 bébés requins prélevés représentent une portée annuelle d’une femelle, affirmait le directeur de Nausicaá. Statistiquement, ils étaient condamnés dans leur milieu naturel ».