Nord: Une crèche associative de Villeneuve d'Ascq se mobilise contre les violences éducatives

EDUCATION A l'occasion de la Journée internationale de la non-violence éducative, une crèche de Villeneuve d'Ascq milite pour que les châtiments corporels soient abolis en France

G.D.

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Illustration d'une fessée.
Illustration d'une fessée. — S. Pouzet / SIPA
  • La crèche associative les Souriceaux de Villeneuve d’Ascq, près de Lille, organise une après-midi portes ouvertes, le mardi 30 avril, pour sensibiliser les parents à la non-violence éducative.
  • La crèche nordiste est en procès depuis 2014 avec une ancienne salariée, licenciée pour avoir donné une fessée à un enfant de 18 mois.

La fessée en question. A l’occasion de la Journée internationale de la non-violence éducative, la crèche associative Les Souriceaux, à Villeneuve d’Ascq, près de Lille, dans le Nord, va ouvrir ses portes au grand public, mardi 30 avril, de 15 h à 21 h. Une initiative singulière que le directeur, Jérôme Dumortier, réédite depuis quatre ans.

La fessée, une faute grave ?

Il est vrai que cette crèche est impliquée depuis 2014 dans une affaire de fessée qu’une professionnelle est soupçonnée avoir administrée à un enfant de 18 mois. Licenciée pour faute grave, l’auxiliaire de puériculture a attaqué la crèche aux Prud’hommes. L’an dernier, les juges n’ont pas retenu la faute grave et ont requalifié le licenciement simplement pour « cause réelle et sérieuse ».

Hormis les indemnités à verser (16.000 euros), c’est surtout la non-reconnaissance par la justice de la fessée comme faute professionnelle qui a motivé la crèche à faire appel. Le dossier en est là, mais Jérôme Dumortier continue à militer contre les violences éducatives au-delà des murs de la crèche qu’il dirige. Son principe fondamental, c’est de refuser toute violence physique ou verbale et toute punition.

« Discuter permet de trouver des solutions »

« Les violences éducatives ne se limitent pas qu’aux fessées. Cette journée de rencontres est l’occasion d’évoquer les problèmes divers rencontrés par les familles autour de l’éducation. Ce n’est jamais simple. En discuter permet de trouver des solutions », explique-t-il.

L’équipe éducative suit de très près l’évolution législative de la possible interdiction des violences sur les enfants dans la société française. « L’opinion publique n’est pas encore favorable à l’interdiction de la fessée, mais il faut mettre ce combat au grand jour », souligne Jérôme Dumortier. Depuis la Suède en 1979, 54 pays, dont 32 européens, ont voté des lois interdisant les châtiments corporels. La France n’en fait pas partie.