Pas-de-Calais: Plusieurs municipalités du littoral veulent faire taire les goélands

SOCIETE Les goélands font l’objet de campagne de stérilisation des œufs pour éviter qu’ils ne se reproduisent en ville. En vain

G.D.

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Illustration d'un goéland qui niche.
Illustration d'un goéland qui niche. — Amblard Florianne / SIPA

Les goélands exaspèrent la population locale. On les accuse même d'attaquer les passants. Plusieurs municipalités du littoral du Pas-de-Calais ont décidé de se débarrasser de ces oiseaux marins qui envahissent leur commune, raconte Le Canard enchaîné, dans son édition du 24 avril. Le hic, c’est que ces oiseaux sont protégés.

Au Touquet, l’ancien maire (LR), Daniel Fasquelle, avait obtenu, en 2017, un arrêté préfectoral de dérogation de destruction d’espèces protégées pour mener une campagne de stérilisation des œufs. Deux campagnes d’éradication n’ont pas empêché le nombre de nids de goélands de doubler. A tel point que la mairie a décidé de se munir d’un drone pour effrayer la centaine d'oiseaux qui a élu domicile en ville.

Un laser pour faire peur

Contacté par l’hebdomadaire, un spécialiste des goélands en milieu urbain, Alain Ward, assure que « ce système ne fait que déplacer les nuisances » et que « le couple va juste nicher plus loin ». La direction de l’Environnement (Dreal) fait le même constat.

Or, Le Touquet n’est pas la seule ville à vouloir mener la chasse contre ces oiseaux. Depuis 2015, la ville de Calais stérilise chaque année les œufs. Une opération qui lui coûte annuellement 30.000 euros et n’empêche pas 228 couples d’être toujours recensées en ville.

A Boulogne-sur-Mer, où 120 couples sont persona non grata, la ville vient d’investir dans un laser pour leur faire peur.

Arrêter de les nourrir

Autres solutions : installer des pics anti-oiseaux près des conduits de cheminée pour les empêcher de bâtir leur nid et sensibiliser les touristes pour que ces derniers arrêtent de nourrir les goélands.

Il faut juste se souvenir que si les goélands prennent leurs quartiers en pleine ville, c’est à cause de l’urbanisation du littoral, de la baisse des ressources alimentaires en mer et de la disparition des décharges à ciel ouvert.