Nord: Des salariés manifestent contre le nouveau plan social chez Castorama

SOCIAL Une quarantaine de salariés de Castorama ont protesté, devant le siège, dans le Nord, contre la fermeture d’une dizaine de magasins et du plan social concernant environ 800 personnes

G.D. avec AFP

— 

Un syndicaliste de Castorama lors d'une manifestation, le 24 avril 2019, devant le siège social de Templemars, dans le Nord.
Un syndicaliste de Castorama lors d'une manifestation, le 24 avril 2019, devant le siège social de Templemars, dans le Nord. — AFP
  • Les premières négociations du nouveau plan social de Castorama et Brico-Dépot, qui devaient avoir lieu le 24 avril, ont été reportées au 21 mai.
  • La direction de Kingfisher, maison mère de Castorama, prévoit de fermer neuf magasins Castorama et deux Brico-Dépot en France, d’ici à novembre 2020.
  • Le plan social concerne environ 800 personnes.

Ils protestent contre la fermeture d’une dizaine de magasins de bricolage et la suppression de près de 800 postes. Des salariés de Castorama se sont invités, ce mercredi, à Templemars, dans le Nord, à la première réunion du plan social.

A l’appel des syndicats, une quarantaine de salariés s’étaient rassemblés devant le siège de Castorama, qui appartient au groupe britannique Kingfisher. C’est là que devait avoir lieu la réunion du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

Rendez-vous le 21 mai

« Des salariés se sont invités en début de réunion pour exprimer leur ressenti, leur détresse. La direction a quitté la salle. Nous avons rendez-vous le 21 mai », a rapporté, à l’AFP, Jean-Paul Gathier, délégué FO de Castorama.

Franck Gherbi, maire d’Hellemmes, commune associée de Lille, concerné par la fermeture d’un magasin, s’est également invité, selon des sources concordantes.

« Nous comprenons l’émotion suscitée par l’annonce du projet de fermeture de 11 magasins en difficulté structurelle », a déclaré, dans une déclaration transmise à l’AFP, Olivier Lurson, directeur des ressources humaines de Castorama et Brico-Dépôt en France.

Rentabilité jugée insuffisante

« Nous tenons à rappeler notre engagement dans ce projet : proposer à chaque collaborateur concerné un poste équivalent au sein de Castorama ou Brico-Dépôt en France, avec un plan d’accompagnement ambitieux pour tous dans l’objectif d’un accès rapide à un nouvel emploi », a-t-il ajouté.

Jugeant leur rentabilité insuffisante, Kingfisher a annoncé, fin mars, la fermeture de plusieurs magasins en Europe. Dans le détail, 9 Castorama et 2 Brico-Dépôt vont baisser le rideau en France, entre octobre 2019 et novembre 2020. Ces fermetures concernent 789 salariés.

Selon les syndicats, les magasins Castorama concernés se situent à Lille, Paris et la région parisienne (Seine-et-Marne, Val-d’Oise, Essonne), ainsi qu’à Darnétal, en Seine-Maritime et Angers, dans le Maine-et-Loire.

« Une vision uniquement financière »

« La direction a une vision uniquement financière, qui conduit au malheur des gens, a déploré le délégué FO. Ils ont préféré dilapider 400 millions d’euros en rachat d’actions plutôt que d’investir. »

« On ne comprend pas pourquoi ils vont sacrifier 800 personnes alors que la direction dit qu’il y a un “frémissement” depuis le début de l’année », a ajouté Grégory Cipriano, délégué CGT.

Délocalisation de la comptabilité en Pologne

Un premier PSE avait été validé en juin 2018. Un accord majoritaire syndicats-direction avait été signé à Castorama et Brico Dépôt, entérinant la suppression de 409 postes en France dans le cadre d’une délocalisation de services de comptabilité en Pologne. Tous les salariés devaient se voir proposer une offre de mobilité interne.

« J’étais gestionnaire administrative, j’ai pu retrouver un poste d’assistante commerciale en février dans le même magasin en région parisienne, j’ai eu de la chance, entre guillemets », a raconté, à l’AFP, Odette, 51 ans. « Sauf que depuis, on nous a annoncé que le magasin allait fermer, comme celui où travaille mon mari. C’est beaucoup de colère et de déception ».

Au total, le groupe britannique possède 224 magasins pour plus de 18.000 salariés en France.