Lille: La ville retenue pour la finale de «Capitale verte européenne», malgré la critique d'assos écolos

ENVIRONNEMENT Le jury a retenu, ce jeudi, Lille parmi les villes finalistes au titre de « Capitale verte européenne », malgré le courrier de contestation de dix associations

Gilles Durand

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Le Bois de Boulogne, le principal secteur vert de la ville de Lille.
Le Bois de Boulogne, le principal secteur vert de la ville de Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • La ville de Lille a été retenue par le jury pour la sélection finale au prix de « Capitale verte européenne 2021 ».
  • Dix associations avaient envoyé un courrier contestant la candidature de Lille.
  • Lille affrontera Strasbourg et la ville finlandaise de Lahti en finale.

Lille en finale pour devenir « Capitale verte européenne ». En dépit d’un courrier de contestation envoyé il y a quelques jours par dix associations lilloises*, le jury a retenu, ce jeudi, la ville pour la phase finale avec Strasbourg et Lahti, en Finlande.

« La ville s’est résolument engagée dans un processus de transformation écologique et énergétique, annonce la ville, dans un communiqué. La consommation énergétique du patrimoine municipal a baissé de 20 % depuis 2004 et la ville a aménagé 12 ha d’espaces verts depuis 2014. »

Moins vertes que d’autres

Pourtant, cette candidature fait grincer les dents de certains écologistes. En toile de fond, on retrouve encore l’épineux dossier du quartier Saint-Sauveur qui prévoit d’aménager 23 ha de friche industrielle non loin du centre-ville.

Premier argument avancé par les frondeurs : Lille est une des villes les moins vertes de France avec ses 14 m2 d’espaces verts par habitant, loin derrière la moyenne (48 m2) des 50 plus grandes communes françaises.

L’hypocrisie du dossier

Argument que le commissaire-enquêteur du projet Saint-Sauveur avait relativisé dans son rapport. « Lille est très petite en termes de démographie et de superficie, la perspective est différente sur l’ensemble de la métropole, écrit-il. On atteint 25 m2 d’espaces naturels par habitant métropolitain contre 15m2 en 1994. »

La métropole de Lille est, certes, « la plus agricole et rurale de France », mais les opposants soulignent qu’elle est aussi « gavée aux pesticides » et largement « artificialisée ».

Les contestataires reprochent aussi à la ville l’hypocrisie de son dossier. « La friche Saint-Sauveur est présentée comme un espace de biodiversité alors que la ville veut la détruire, pointent les assos. Sur le même site, le parc du Belvédère est mis en avant comme gage de verdure sans mentionner qu’il doit se transformer en piscine olympique. »

Urbanisation intense

Néanmoins, le terme « capitale verte » dépasse la simple question de la nature en ville pour désigner des actions liées au développement durable. Là encore, le commissaire-enquêteur vient au secours de la ville. « Sa candidature s’appuie sur un engagement avec notamment un label européen Cit’ergie pour la qualité des plans climat, en 2013 et 2018, et un prix de la capitale de biodiversité, en 2012 », note le rapport.

Pour les assos, Lille reste néanmoins une ville qui a fait le choix d’une urbanisation intense, politique n’empêchant pas pour autant l’étalement urbain de progresser dans la métropole (13 km2 depuis 2004) avec un plan local d’urbanisme qui prévoit encore 12 km2 de béton.

Enfin, le principal problème reste la pollution atmosphérique. La région, dont Lille, affiche déjà 15 jours de pollution depuis le début d’année et un bilan du plan de déplacement urbain, en 2016, montrait que les Lillois prenaient davantage leur voiture (+2 %) qu’en 2010.

* Nord Nature Environnement, Les Amis de la Terre Nord, PARC Saint-Sauveur, L’association pour la suppression des pollutions industrielles, Entrelianes, Les Planteurs volontaires, Les Sapros, Les Pieds sur Terre, Attac, Fête la Friche.