Nord: Inouï, le département souffre déjà de sécheresse, dès le mois d'avril

ENVIRONNEMENT Le préfet du Nord a pris une décision historique en signant déjà un arrêté d'alerte sécheresse, au début du printemps

Gilles Durand

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Illustration sur la scheresse et l'irrigation
Illustration sur la scheresse et l'irrigation — P.MAGNIEN / 20 MINUTES
  • Le préfet du Nord a pris, dès le mois d’avril, des mesures de réglementation de l’usage de l’eau dans le département.
  • Les nappes phréatiques ont rarement été aussi basses à cette époque de l’année.
  • L’interdiction d’irriguer pour les agriculteurs et d’arroser ses pelouses et terrains de sport pour les particuliers et les collectivités fait partie des mesures prises par l’arrêté préfectoral.

Signer un arrêté de sécheresse un jour de pluie, c’est singulier. Prendre des mesures de restriction d’eau dans le Nord, et ce, dès le mois d’avril, c’est historique. Pourtant, au vu de l’état de la nappe phréatique dans certains secteurs du département, le préfet du Nord, Michel Lalande, s’est vu contraint, ce mardi, de placer le département en alerte sécheresse et de limiter les consommations d’eau.

Le Dunkerquois en vigilance

« Ne pas prendre ces mesures, ce serait commettre une grave faute », a souligné Michel Lalande, lors d’une réunion avec des responsables de la gestion de l’eau. Seuls le delta de l’Aa et le Dunkerquois échappent, pour l’instant au dispositif. Le Pas-de-Calais reste, pour sa part, en vigilance sécheresse. Pour l’instant.

Cet arrêté préfectoral signifie, notamment, qu’il est interdit de laver les voitures en dehors des centres spécialisés qui recyclent l’eau. L’arrosage des pelouses et des terrains de sport doit être limité, en privilégiant l’utilisation des réserves d’eau de pluie. Par ailleurs, les industriels ont pour objectif de réduire la consommation d’eau de l’ordre de 10 %. Enfin, pour les agriculteurs, l’irrigation est interdite entre 11 h et 17 h.

« Les épisodes de recharge se font très mal »

Depuis 2017, constat est fait que le niveau des nappes phréatiques est en déficit chronique dans le département. « Les recharges se font essentiellement entre octobre et mars, lorsqu’il y a peu de végétation, explique la direction départementale des Territoires (DDTM). Or, depuis deux ans, ces épisodes de recharge se font très mal. »

Pour symboliser ce manque d’eau, le torrent d’Esnes, dans le Cambrésis, n’a jamais aussi mal porté son nom. Il est à sec fin mars, pour la première fois. « En mars, on a connu un déficit pluviométrique de 20 % par rapport à la normale », souligne la préfecture. S’ajoute à cela, un mois de février sec et ensoleillé qui a battu des records de température (+2,5 °C au-dessus des normales) pour favoriser l’évaporation.

La réglementation de l’usage de l’eau est applicable jusqu’au 30 juin. Date à laquelle, d’autres mesures pourront être prises, en cas d’aggravation de la situation.