Nord: Une centaine d’oiseaux protégés saisis chez des particuliers

ANIMAUX Les policiers de l’environnement étaient sur la trace des trafiquants depuis plusieurs semaines

Mikael Libert

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Le trafic de chardonnerets peut s'avérer très lucratif.
Le trafic de chardonnerets peut s'avérer très lucratif. — ONCFS
  • L’ONCFS a saisi plus d’une centaine d’oiseaux protégés chez des particuliers.
  • Il s’agissait de différentes espèces de passereaux, comme le chardonneret.
  • Ce type de trafic est en augmentation dans la région depuis dix ans.

Mardi et jeudi, les agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), les policiers de l’environnement, ont procédé à la saisie de plus de cent passereaux aux domiciles de particuliers soupçonnés d’en faire le trafic.

Souvent présentée comme une tradition, la capture de ces oiseaux protégés est cependant illégale.

Chardonnerets, linottes, verdiers…

L’enquête des agents aura duré plusieurs semaines. Un laps de temps à l’issue duquel ils ont pu identifier plusieurs particuliers soupçonnés de braconner des espèces de passereaux. Les perquisitions, diligentées mardi et jeudi dans trois endroits différents, notamment à Baisieux, ont permis la découverte de 112 oiseaux détenus illégalement. Des verdiers d’Europe, des chardonnerets élégants ou encore des linottes mélodieuses.

Le trafic de chardonnerets peut s'avérer très lucratif.
Le trafic de chardonnerets peut s'avérer très lucratif. - ONCFS

Les policiers ont aussi mis la main sur l’attirail du parfait braconnier, en l’occurrence des pièges : filets japonais ou trébuchets. Le tout a été saisi et les mis en cause devront répondre de détention et trafic d’espèces protégées devant le tribunal correctionnel de Lille. Ils encourent jusqu’à deux ans de prison et 150.000 euros d’amende.

Un trafic en augmentation depuis dix ans

Selon l’ONCFS, le trafic de passereaux est en sérieuse augmentation depuis une dizaine d’années. Et l’Office soupçonne même que son ampleur « est probablement sous estimée », particulièrement dans le Nord-Pas-de-Calais, « historiquement et culturellement très touché ».

Le but des braconniers est l’argent. Les oiseaux capturés servent à alimenter la filière des collectionneurs et des éleveurs qui participent à des concours de chant et de beauté, « principalement en Belgique », précise l’ONCFS. Selon l’Office, le prix d’un chardonneret sauvage est estimé entre 50 et 70 euros. « Une fois l’oiseau blanchi avec une fausse bague d’homologuée, le prix peut être multiplié par deux ou trois », assure l’Office. Le prix de certains spécimens rares « mutés » peut même grimper jusqu’à 1.000 euros.