VIDEO. Nord: Le Grand débat national, un club pour les plus de 50 ans

SOCIETE Selon les observateurs désignés par le préfet du Nord, les jeunes étaient quasi-absents lors des réunions

Mikael Libert

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Illustration sur le Grand débat national.
Illustration sur le Grand débat national. — ISA HARSIN/SIPA
  • Les trois observateurs du Grand débat dans le Nord ont remis leur rapport.
  • Ils ont constaté la quasi-absence des jeunes lors des réunions.
  • De fait, certains thèmes n’ont pas ou très peu été abordés.

Ce mercredi, les trois garants désignés par le préfet du Nord pour observer le déroulement du Grand débat national dans le département ont remis leurs conclusions. Une donnée vient relativiser le bilan des réunions : l’âge moyen plutôt élevé des participants. De fait, se pose alors la question de la représentativité de cet échantillon par rapport à la population du Nord.

La désignation de garants est une initiative qui n’a été mise en place que dans deux départements. Jacques Vernier, ancien maire de Douai, Thérèse Lebrun, ancienne rectrice de la Catho et Philippe Lemaire, ancien procureur de Lille, ont ainsi participé à 83 des 339 réunions du Grand débat organisées dans le Nord. Leur mission était d’observer et de remonter leurs impressions de façon indépendante.

La majorité des participants âgée de plus de 50 ans

Le premier constat que dresse jacques Vernier est que « la très grande majorité des personnes ayant participé aux débats étaient âgées de plus de 50 ans ». Il explique la quasi-absence de jeunes de plusieurs manières : « Les jeunes sans activité ont d’autres soucis. Les thèmes abordés ne les concernent pas. Le pouvoir d’achat, ils n’en ont pas, ils ne gagnent pas encore leur vie. La retraite, c’est trop lointain. Et il y a aussi la forme, trop éloignée de leurs modes de communications privilégiés que sont les réseaux sociaux ».

Du coup, il ressort des réunions des questionnements plutôt marqués en termes de génération. Par exemple, la dématérialisation de l’accès au service public, la transition numérique ou écologique. « Ces transitions génèrent des angoisses qui doivent être accompagnées », poursuit Jacques Vernier. Logiquement, des sujets comme le chômage, le service civique ou les services publics de l’éducation et de la formation ont aussi été assez peu, voire pas du tout, évoqués. Et dans un département dont la population compte 34 % de moins de 25 ans, c’est un peu dommage.

Les trois garants n’estiment cependant pas que l’absence du point de vue des jeunes soit forcément préjudiciable. « Le Grand débat, les marches pour le climat, les "gilets jaunes". L’un n’est pas plus que l’autre l’expression populaire avec un grand P. Mais il y a des signaux forts qui émergent de ces trois typologies de revendication. Au gouvernement d’identifier des signaux et de laisser la voie démocratique trancher », assure Jacques Vernier.