Nord: La bière dans tous ses états au musée de la Chartreuse, à Douai

EXPOSITION L’exposition « A boire ! Quand la bière s’invite au musée ! » du musée de la Chartreuse de Douai montre les différents aspects de cette boisson alcoolisée à travers le prisme de la création artistique

G.D. avec AFP

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La peinture «Joueurs de cartes» du peintre flamand Theodore Rombouts, lors de l'exposition «A boire! Quand la bière s'invite au Musée!».
La peinture «Joueurs de cartes» du peintre flamand Theodore Rombouts, lors de l'exposition «A boire! Quand la bière s'invite au Musée!». — F. Lo Presti / AFP

Du monastère à la taverne, du champ au café, la bière est depuis dix siècles « indissociable du terroir nordiste ». A Douai, dans le Nord, une exposition propose de redécouvrir cette boisson à travers l’art, brassant peinture, sculpture, artisanat, sensations gustatives et sonores.

« C’est un thème insolite, difficile à aborder dans un musée, mais populaire et fortement lié à notre identité régionale. Avec cette exposition, nous voulions parler de notre riche passé brassicole, de la place sociale que ce breuvage occupe », explique Anne Labourdette, directrice du musée de la Chartreuse.

Des œuvres prêtées par le Louvre

Huiles sur toile, estampes, affiches publicitaires, céramiques, orfèvreries… Environ 110 œuvres faisant référence à cette célèbre boisson sont présentées au public jusqu’au 15 septembre. Piochées pour certaines dans les réserves de cet ancien couvent, elles ont aussi été prêtées par le Louvre, le musée d’Orsay ou le Rijksmuseum d’Amsterdam au Pays-Bas.

« La bière existe depuis l’Antiquité, partout où se cultivent les céréales. Les Sumériens, Babyloniens ou Egyptiens consommaient une forme de bière. Les Gaulois buvaient eux de la cervoise, mélange d’orge, d’eau et d’épices », raconte, à l’AFP, Marie-Paule Botte, historienne de l’art et commissaire de l’exposition.

Au Moyen Age, les moines avaient le devoir d’offrir le gîte et le couvert aux pèlerins. « Ils fabriquaient et offraient souvent de la bière, à l’époque plus salubre que l’eau, et pouvaient en boire des litres par jour. Charlemagne développe largement cette fabrication dans les abbayes, qui vont petit à petit apporter au breuvage des améliorations techniques, des aromates, développer une sorte de science » et vendre l’excédent, poursuit la conservatrice.

Les propriétés aseptisantes du houblon

Une religieuse rhénane découvre alors les propriétés aseptisantes et conservatrices du houblon, dont la culture se répand dans toute la Flandre. L’activité prend de l’ampleur, s’ouvre aux brasseurs laïques, qui se regroupent en corporations. Puis les découvertes de Louis Pasteur sur la fermentation, à partir de 1871, font basculer cette production dans l’ère industrielle.

Le spectateur y découvre, notamment, la vie quotidienne des consommateurs, la dimension populaire de cette boisson et y lit « la rivalité qu’il pouvait y avoir entre le vin, lié à la pratique religieuse, et la bière profane », selon l’historienne.

Une « installation sonore » et 25 évènements annexes, comme des séances de yoga-bière, concerts ou afterworks, sont également programmés.