«Gilets jaunes» à Lille: Les manifestants demandent à Martine Aubry d’interdire l’usage des LBD

SÉCURITÉ Plusieurs groupes de «gilets jaunes» du Nord souhaitent que la maire de Lille prenne un arrêté municipal «symbolique»

Mikaël Libert

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Un policier équipé d'un LBD lors d'une manifestation à Lille.
Un policier équipé d'un LBD lors d'une manifestation à Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Des « gilets jaunes » demandent à Martine Aubry de prendre un arrêté anti LBD.
  • Un événement Facebook a été créé mobilisant environ 400 personnes.
  • Un geste symbolique qui n’a aucune chance de se concrétiser légalement.

Qui ne tente rien… Au moins deux groupes de « gilets jaunes » du Nord ont organisé un événement Facebook intitulé « Nos yeux valent moins que la vitrine du Fouquet’s ». L’idée étant de demander à Martine Aubry, maire de Lille, de prendre position contre l’utilisation du lanceur de balles de défense (LBD) par les policiers.

Des courriers à l’intention de la maire de Lille

Alors que les « gilets jaunes » fourbissent leurs slogans en vue de l’acte 19 de leur mouvement, samedi, certains souhaitent qu’à cette occasion, les policiers laissent au vestiaire leurs LBD. Sur les pages « gilets jaunes Lille » et « gilets jaunes Hauts-de-France », un événement a été largement relayé pour rédiger des courriers à l’intention de la maire de Lille. Chaque lettre demandera solennellement à Martine Aubry de prendre un arrêté municipal interdisant l’usage des LBD par les forces de l’ordre sur le territoire de sa commune. A ce jour, l’événement en question, « Nos yeux valent moins que la vitrine du Fouquet’s », n’a mobilisé que 418 participants.

Cette demande des « gilets jaunes » n’a cependant aucune chance de déboucher sur quoi que ce soit de concret. En premier lieu parce qu’un maire ne peut légalement pas faire tout ce qu’il veut en publiant un simple arrêté. L’acte doit être transmis au préfet qui, s’il l’estime illégal, peut en demander l’annulation auprès du tribunal administratif.

Pas d’autorité sur les forces de l’ordre

Un arrêté demandant l’interdiction de l’usage des LBD par les forces de l’ordre serait de toute façon écarté. Le maire d’une commune de Moselle avait d’ailleurs pris un arrêté dans ce sens en amont de l’acte 17. De son propre aveu, David Kocher, maire de Phalsbourg, avait qualifié son geste de « symbolique » parce qu’il n’avait légalement « pas d’autorité sur les gendarmes ».

Les demandeurs ne se font pas d’illusion et ils cherchaient là aussi un geste symbolique et politique, misant certainement sur les nombreuses sorties de Martine Aubry (PS) sur la politique du gouvernement Macron. Elle avait d’ailleurs déjà pris position contre la façon dont la crise était gérée par le gouvernement, tout en condamnant les violences commises lors des manifestations. La mairie n’a pas encore répondu à la demande de 20 Minutes au sujet de cet arrêté anti LBD.