Hauts-de-France: La conversion des chauffages au fioul s'annonce parfois compliquée

ENERGIE Dans certains départements des Hauts-de-France, les alternatives au chauffage au fioul domestique risquent d’être difficiles à mettre en place

Gilles Durand

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Illustration d'un remplissage de chaudière au fioul.
Illustration d'un remplissage de chaudière au fioul. — D. Closon / SIPA
  • Dans les Hauts-de-France, 250.000 foyers se chauffent au fioul et sont concernés par la conversion vers une autre énergie.
  • Le fioul domestique n'est pas l'énergie qui coûte le plus cher pour se chauffer.
  • Le Nord est l'un des départements qui possède le réseau de gaz naturel le plus fourni.

En finir avec le fioul domestique ? En novembre 2018, le Premier ministre, Edouard Philippe, fixait un « objectif ambitieux » de supprimer toutes les chaudières individuelles au fioul d’ici dix ans en France. Plus facile à dire qu’à faire. Notamment dans certains départements des Hauts-de-France où 250.000 foyers sont concernés.

La vulnérabilité financière des foyers à bas revenu

Ce sont les ménages se chauffant au fioul qui sont les plus nombreux à être vulnérables financièrement, selon une enquête de l'Insee de 2015. D’autant que la conversion vers une autre énergie peut faire augmenter la facture énergétique. Selon la Fédération française des combustibles carburant et chauffage (FF3C), le fioul n’est pas l’énergie qui coûte le plus cher au particulier : 10 cts le kilowattheure contre 16 cts pour l’électricité. Le prix du gaz naturel est à 8 cts et le bois à 6 cts. « Dans dix ans, il y aura encore des foyers qui se chaufferont au fioul, parce que certains n’auront pas le choix », assure la FF3C.

Une disparité régionale sur la consommation de fioul

Selon les données de l’Insee, 1 foyer sur 10 se chauffe au fioul en France. Le rapport est le même dans le Pas-de-Calais, mais il tombe à 5 % dans le Nord. En revanche, dans l’Oise (13 %), l’Aisne (18 %) et la Somme (19 %), le pourcentage est plus important. Et dans ces départements, faute de grands réseaux d’énergie, les options sont souvent réduites à des chaudières à granulés de bois, à la géothermie ou au chauffage électrique, options qui restent coûteuses malgré les aides à la conversion.

Une énergie en réseau pas toujours disponible

Certaines grandes villes ont mis en place des réseaux de chaleur. Celui d’Amiens, par exemple, doit fonctionner d’ici à la fin 2019. Mais le chauffage urbain représente seulement 3 % de foyers dans les Hauts-de-France. La solution de substitution la plus évidente semble donc être le gaz naturel, dont le coût est inférieur à celui du fioul. Mais 43 % des foyers qui se chauffent au fioul ne sont pas raccordés au  réseau de gaz naturel de GRDF. Le département du Nord fait, néanmoins, figure d’exception avec 95 % des habitants qui sont dans une commune raccordée.

Une conversion plus rapide dans le Nord, mais…

« Depuis le début d’année, on observe, dans le Nord, une augmentation de 20 % des demandes de conversion au gaz par rapport à 2018 », assure GRDF, contacté par 20 Minutes. Mais ce chiffre ne concerne que les demandes réalisables. Car parmi les communes raccordées – c’est le cas de toutes celles de la métropole lilloise –, certaines rues ne sont pas desservies par le réseau de gaz. « Depuis 2008, une loi nous demande de ne pas accroître le réseau à moins d’une demande suffisamment importante pour que l’investissement soit rentable », précise GRDF. Ainsi, des demandes de conversion au gaz ne peuvent être honorées et, sur ce chiffre, GRDF ne communique pas.