Losc: L'équipe de 2019 est-elle aussi forte que celle qui a fait le doublé en 2011?

FOOTBALL Depuis le début de saison, l’équipe lilloise n’en finit plus de surprendre en Ligue 1. Au point de susciter des comparaisons avec celle qui avait réussi le doublé en 2011

Francois Launay

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Emmené par Nicolas Pépé, le Losc réalise une saison incroyable (Jeff Pachoud/AFP).
Emmené par Nicolas Pépé, le Losc réalise une saison incroyable (Jeff Pachoud/AFP). — AFP
  • A dix journées de la fin, le Losc, deuxième de Ligue 1, a 57 points. Un record pour le club à ce stade de la saison.
  • A force d’affoler les compteurs, ce cru 2018-2019 ressemble de plus à l’équipe qui avait remporté le doublé en 2011.
  • Même si les différences restent encore nombreuses dans le jeu des comparaisons.

Ce Lille-là affole les compteurs. Invaincu en 2019 en Ligue 1 (7 victoires, 2 nuls), le Losc compte déjà 57 points au compteur après 28 journées. Jamais dans son histoire, le club nordiste n’avait récolté autant de points à ce moment-là de la saison.

Même la glorieuse équipe de 2011, qui a remporté le doublé coupe de France-championnat, est en retard sur ces temps de passage (55 points). Au moment où Lille, deuxième de Ligue 1, s’apprête à recevoir Monaco ce vendredi (20h45), 20 Minutes s’est prêté au jeu des comparaisons entre deux belles équipes à huit ans d’intervalle.

Expérience : Avantage 2011

Composé dans l’ensemble de joueurs arrivés à maturité qui évoluaient ensemble depuis plusieurs saisons, le Losc 2011 était bien plus expérimenté que celui de cette année. « Il y avait plus d’expérience dans l’équipe », reconnaît Christophe Galtier, l’entraîneur du Losc.

Adaptation : Avantage 2019

Totalement chamboulé à l’intersaison après un maintien décroché sur le fil, le Losc 2018-2019 est un exemple d’intégration express. Malgré 19 départs pour 14 arrivées, les Lillois ont vite performé alors que personne ne les attendait aussi haut. « Il y a eu une rapide osmose entre la qualité des joueurs et l’efficacité du bloc-équipe », constate Jean-Michel Vandamme, ancien directeur général du Losc.

Concurrence : Avantage 2011

Pour décrocher le titre en 2011, le Losc avait longtemps dû batailler avec Marseille, Lyon et le PSG à une époque où tout le monde avait encore ses chances pour le titre. Huit ans plus tard, tout a changé. Avec le PSG, qui compte dix-sept points d’avance, le titre de champion a été privatisé.

Mais avec sept points d’avance sur Lyon (3e) et dix sur Marseille (4e), Lille a déjà pris le large dans la course au podium. « Il y avait beaucoup plus de concurrence en 2011. Surtout que cette année, il n’y a déjà plus de concurrence et pour le titre mais aussi pour la deuxième place. Il faudrait que l’équipe se relâche totalement pour ne pas finir deuxième. Je n’y crois pas un seul instant », lâche Jean-Michel Vandamme.

Attaque : Avantage 2011

Hazard, Sow et Gervinho d’un côté. Pépé, Bamba, Ikoné et Leao de l’autre. Sur le papier, l’attaque lilloise de 2011 semble un cran au-dessus de celle de cette saison un peu plus irrégulière. Dans les deux cas, une star a émergé. Hazard en 2011, Pépé en 2019. Avec là aussi, une différence. On sait qu’Hazard s’est imposé en Angleterre et en équipe nationale pour devenir l’un des meilleurs joueurs du monde. Alors que l’adaptation dans un autre club de l’international ivoirien est encore un mystère.

Milieu : Avantage 2011

« Balmont, Cabaye et Mavuba, c’était trop fort. » Pour Jean-Michel Vandamme, il n’y a pas photo. Le triptyque de 2011 est supérieur au duo Mendes/Xeka de cette saison.

Défense : Avantage 2019

Si la défense de 2011 avait de beaux noms (Debuchy, Chedjou, Rami, Béria), celle de 2019 séduit par sa capacité à rester solide en fonction des absences ou départs. Le côté interchangeable de la défense lilloise cette saison lui donne un réel avantage. (Koné/Ballo-Touré à gauche, Celik/Pied à droite, Fonte/Soumaoro/Gabriel/Dabila dans l’axe). Du côté des gardiens, Landreau et Maignan sont aussi bons l’un que l’autre.

Banc de touche : Avantage 2019

On l’a vu avec la défense, ce Lille 2019 a bien plus de solutions sur le banc de touche. Si De Melo, Frau ou Obraniak n’ont jamais fait défaut quand ils entraient en jeu en 2011, Galtier semble disposer d’un banc plus large. Araujo et Remy peuvent suppléer sans souci Bamba ou Leao. Maia n’a pas démérité au milieu pour remplacer Mendes ou Xeka.

Jeu : Avantage 2011

Jeu de possession de 2011 contre jeu de transition de 2019. Deux styles et deux façons de jouer différentes. Mais 2011 était sans doute plus impressionnant. Et c’est Christophe Galtier qui le dit. « C’était une équipe qui avait une possession de balle plus élevée et qui avait la capacité de vous fatiguer énormément et de faire mal », reconnaît l’entraîneur du Losc.

Coachs : Avantage 2019

Que ce soit Rudi Garcia en 2011 ou Christophe Galtier cette saison, le Losc a deux meneurs d’hommes sur le banc. Difficile donc de les départager. Léger avantage peut-être au dernier arrivé, un poil moins franc-tireur que son prédécesseur. « Avec Garcia, tu pouvais parfois être un peu plus en danger car c’était un fou furieux de l’attaque. Alors que Galtier est beaucoup plus prudent, plus rusé », selon l’ex-DG du club.

Verdict : Avantage 2011

Pour entrer dans l’histoire d’un club, il y a le style mais il y a aussi et surtout les trophées. Pour la trace flamboyante qu’elle a laissée chez ses supporters avec le doublé, l’équipe de 2011 restera au-dessus. Aussi forte qu’elle soit, l’équipe de 2019, éliminée des deux coupes nationales, ne gagnera rien cette saison. Même si une place en Ligue des champions serait un joli lot de consolation.