Nord: Ne parvenant pas à recruter, une boulangerie doit fermer ses portes

COMMERCE Après deux ans de vaines recherches pour trouver trois employés, les gérants d’une boulangerie près de Lille ont baissé les bras

Mikael Libert

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La boulangerie Le Bel Air, à Saint-André, à fermé ses portes.
La boulangerie Le Bel Air, à Saint-André, à fermé ses portes. — Google maps
  • Une boulangerie près de Lille ferme faute de trouver de la main-d’œuvre.
  • En deux ans de recherche, le couple de patrons n’a réussi à recruter personne.
  • Le commerce avait une fidèle clientèle de plusieurs centaines de personnes.

C’est une histoire de fous. Installée depuis une trentaine d’années rue de Lambersart, à Saint-André, près de Lille, la boulangerie Le Bel Air est définitivement fermée. Une fin d’autant plus triste que les patrons, Bernard et Nathalie Lefebvre, ont été contraints de mettre la clé sous la porte pour une raison inattendue : le manque de personnel.

Economiquement, tout allait bien. « Nous avions entre 200 et 300 clients par jour et de belles perspectives avec la construction de près de 500 logements juste en face de la boutique », explique Nathalie, 50 ans. Le souci est donc là où on ne l’attendait pas : « Cela fait bien deux ans que l’on cherche à recruter deux vendeuses et un boulanger-fournier, mais on n’y arrive pas », poursuit-elle.

« Ils trouvent qu’il y a trop de contraintes »

Et ce n’est pas faute d’avoir cherché. Pôle emploi, Proch’emploi, le Bon Coin et même les réseaux sociaux y sont passés. Des candidats, le couple de boulangers en a vu passer : « Entre 50 et 60 en deux ans. A chaque fois, il y avait quelque chose qui n’allait pas », déplore la femme du boulanger. La dernière candidate est partie en décembre après seulement un mois : « Elle m’a dit qu’elle était enceinte et qu’elle ne pouvait plus travailler. Ce n’est pourtant pas une maladie d’attendre un enfant », s’indigne Nathalie.

Sans aller jusqu’à traiter les jeunes de fainéants, la commerçante constate un manque d’attrait pour les métiers de l’artisanat : « Ils trouvent qu’il y a trop de contraintes ou que le métier n’est pas "fun". Oui, c’est vrai, il faut se lever tôt et travailler le week-end. Aujourd’hui, les candidats veulent que le commerce s’adapte à leur rythme de vie et non le contraire », lâche-t-elle, désabusée.

Pas de candidat ni de repreneur

Et ce n’est pas comme si la région des Hauts-de-France connaissait le plein-emploi. Au 3e trimestre 2018, le Nord ne comptait pas moins de 180.320 demandeurs d’emploi de catégorie A. « Pour les vendeuses, nous proposions un contrat de 30 heures par semaine au SMIC. Manifestement, cela ne suffisait pas », constate Nathalie Lefebvre. Et le couple n’a pas non plus trouvé de repreneur.

Du coup, le rideau de fer est baissé. Le fils du couple, Quentin, continue de faire tourner le laboratoire de pâtisserie, notamment pour approvisionner la boutique de sa sœur située à Linselles. Amère, la commerçante semble résignée : « Bientôt, il n’y aura plus que des chaînes de boulangeries ou des grandes surfaces aseptisées. »

Pourquoi les start-up collaboratives galèrent-elles autant à recruter?