Nord: Avec leur «grève du zèle», les douaniers veulent continuer à «lutter contre la fraude»

TRANSPORTS En attendant le Brexit, les douaniers de Calais et Dunkerque enchaînent un quatrième jour de contrôles renforcés

Gilles Durand

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Les contrôles renforcés des douaniers se poursuivent depuis quatre jours, au niveau de Calais.
Les contrôles renforcés des douaniers se poursuivent depuis quatre jours, au niveau de Calais. — P. Huguen / AFP
  • La « grève du zèle » des douaniers a commencé, lundi, à Calais et Dunkerque, après un ordre de la direction de « ne plus faire de lutte contre la fraude », selon l’Unsa.
  • La circulation des camions a encore été fortement perturbée, lors du quatrième jour de contrôles renforcés.
  • Les syndicats douaniers doivent être reçus, mardi, par le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin.

Un avant-goût du Brexit ? Pour la quatrième journée consécutive, les agents des douanes de Calais, dans le Pas-de-Calais et Dunkerque, dans le Nord, effectuent des contrôles « plus poussés », et donc plus longs, des camions.

Cette « grève du zèle » entraîne de fortes perturbations pour les transporteurs à destination de l’Angleterre, au tunnel sous la Manche et au port de Calais. Les douaniers réclament des moyens supplémentaires en vue du Brexit. Ils doivent être reçus, mardi matin, par le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a indiqué le ministère, ce jeudi, à l’AFP.

Ordre de ne plus faire de lutte contre la fraude

« Les douaniers n’ont pas accepté l’ordre de ne plus faire de lutte contre la fraude. Pour un douanier, c’est inconcevable. Sa raison d’être est de trouver la fraude », explique Vincent Thomazo, secrétaire général du syndicat Unsa-Douanes, contacté par 20 Minutes.

Est-ce à dire que ces contrôles renforcés, depuis quatre jours, aux portes de l’Angleterre vont permettre de multiplier le nombre d’affaires de fraude ? « Même si c’est le cas, la direction des Douanes ne communiquera pas sur ce sujet. Leur mot d’ordre actuellement, c’est fluidifier. Et à n’importe quel prix », affirme l’UNSA.

Du côté du port de Calais, si le trafic était très chargé dans la matinée, « la situation s’amélior(ait) globalement » et « l’embarquement des poids lourds se fai(sait) de manière quasi normale au port » à la mi-journée, selon la préfecture du Pas-de-Calais, qui notait, toutefois, « des difficultés d’embarquement subsistant à l’Eurotunnel ».

La Fédération des transports routiers inquiète

Dans le tunnel sous la Manche, le flux dépassait dans l’après-midi la normale habituelle qui est de 150 camions par heure, selon Bercy.

Quelque 240 poids lourds étaient par ailleurs retenus sur la zone de stockage de Setques et 270 sur celle de Saint-Folquin, en amont de Calais, tandis que sur l’A16, dans le sens de Dunkerque vers Calais, en direction d’Eurotunnel, les files de poids lourds s’étalaient sur 1,5 km.

Dans un communiqué, la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) des Hauts-de-France « s’inquiétait de l’enlisement de la grève du zèle à Calais et Dunkerque ». « Après le mouvement des "gilets jaunes", les épisodes neigeux, le secteur est encore une fois fragilisé », indiquait la FNTR, évoquant « les conducteurs bloqués pendant des heures sans possibilité parfois de boire ou de se nourrir ».