Hauts-de-France: Meilleures à l'école, les femmes sont moins bien traitées sur le marché du travail

SOCIETE A l’occasion de la journée des Droits des femmes, des études font le point sur les inégalités persistantes entre hommes et femmes dans le domaine professionnel

Gilles Durand

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Allégorie des stéréotypes sociaux entre garçons et filles.
Allégorie des stéréotypes sociaux entre garçons et filles. — A. Gelebart / 20 Minutes
  • Le rectorat et l’Insee ont mené des enquêtes régionales sur les inégalités entre les hommes et les femmes.
  • Les filles sont statistiquement bien meilleures que les garçons à l’école, pourtant, elles connaissent plus de difficultés sur le marché du travail.
  • Les inégalités entre hommes et femmes sont liées à un système qui s’est mis en place autour de clichés.

Meilleures, mais moins bien traitées. La journée internationale des Droits des femmes, le 8 mars, est l’occasion, une fois par an, de faire l’état des lieux sur les inégalités qui persistent entre les hommes et les femmes. Deux études régionales conjointes du rectorat et de l’Insee (Institut de la statistique) montrent le grand écart qui existe entre la réussite scolaire et l’intégration sur le marché du travail.

Alors que les filles réussissent mieux que les garçons à l’école dans les Hauts-de-France, elles éprouvent beaucoup plus de difficultés à s’insérer dans le monde du travail et l’écart de salaire reste très conséquent.

Ecart de salaire toujours aussi grand

« On peut même dire que les filles réussissent bien mieux aux examens, et ce quel que soit le diplôme qu’elle passe », précise Sandrine Benafquir, conseillère technique au rectorat. D’ailleurs, la part des femmes de 25 à 54 ans diplômées de l’enseignement supérieur était de 6 points supérieure (36 % contre 30 %) à celles des hommes en 2015.

Ensuite, ça se gâte. Elles accèdent moins facilement au marché du travail. Une inégalité plus importante en région qu’ailleurs en France, notamment dans le Pas-de-Calais. Ce département était celui qui avait le plus faible taux d’emploi féminin en 2014 (52 %).

Et une fois dans le monde du travail, ça ne s’arrange guère. Les écarts de salaire entre hommes et femmes atteignent encore 19 % dans le privé, alors qu’ils sont de 12 % dans le secteur public. « Les entreprises ont désormais des obligations de résultat dans ce domaine. Dans trois ans, les sanctions pourront tomber », prévient Cécile Dindar, secrétaire générale à la préfecture.

« Ce n’est pas lié à la discrimination directe »

« Entre 1970 et 1990, les écarts ont régulièrement baissé, mais depuis 1995, le rythme de cette réduction a ralenti », constate Jean-Christophe Fanouillet, directeur régional de l’Insee. Ce qui montre que le problème est structurel. « Ce n’est pas lié à la discrimination directe, mais à un système qui s’est mis en place autour de clichés », explique Caroline Plesnage, directrice régionale aux Droits des femmes.

Par exemple, le choix d’orientation est encore marqué par des stéréotypes sociaux. Les filles se dirigent plus vers les filières sociales et littéraires, les garçons vers les sciences et la production. « Or, constate Caroline Plesnage, à niveau de diplôme équivalent, le BTS par exemple, on s’aperçoit que les filières choisies par les hommes débouchent sur des métiers mieux payés. »

La parité révèle donc des enjeux de société très profonds. « En Turquie, où les études littéraires sont prisées par la société, ce sont les garçons qui s’engouffrent en masse dans ces filières, souligne Florence Demange. Preuve qu’il s’agit bien d’un phénomène culturel ».