Les femmes vont se mobiliser dans toute la Belgique
Les femmes vont se mobiliser dans toute la Belgique — OSCAR DEL POZO / AFP

SOCIETE

Journée des droits des femmes : Des femmes belges se mettront en grève générale au travail et à la maison le 8 mars

A l’occasion de la journée internationale de la femme, un collectif féministe, appuyé par des syndicats, a décidé de frapper un grand coup

  • Un collectif féministe belge a décidé de lancer une grève générale des femmes le 8 mars.
  • Que ce soit au travail ou à la maison, les femmes belges sont invitées à arrêter de faire « tout ce qu’elles font d’habitude ».
  • La démarche est soutenue par deux des principaux syndicats de Belgique.

« Quand les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête ». Ce slogan utilisé en 1975 par des femmes islandaises qui s’étaient mises en grève pendant 24 heures a été repris près de 45 ans plus tard en Belgique.

Créé il y a quelques mois, le collecti.e.f 8 maars, composé de femmes belges (wallonnes et flamandes confondues), a réfléchi pendant plusieurs semaines à une action de grande envergure à l’occasion de la journée internationale de la femme. Après plusieurs débats, c’est le principe d’une grève générale qui a été retenue pour marquer le coup et lutter contre les discriminations et violences faites aux femmes. Mais ce vendredi 8 mars, la grève ne s’arrêtera pas qu’aux portes du monde professionnel.

« L’idée c’est que les femmes s’arrêtent de faire tout ce qu’elles font d’habitude »

« On ne voulait pas que ce soit juste une grève pour salariées. Les femmes effectuent aussi une grande partie du travail invisible (ménage, enfants, courses…). L’idée c’est donc que les femmes s’arrêtent de faire tout ce qu’elles font d’habitude. C’est donc à la fois une grève du travail rémunéré, du travail à la maison, mais aussi de la consommation. ll y aura aussi appel à une grève étudiante », explique Zoé, membre du collectif.

Histoire d’appuyer cette initiative originale, les deux syndicats professionnels les plus importants du pays ont décidé de soutenir cette grève. Des manifestations vont aussi se dérouler dans les principales villes du pays. Quant aux femmes qui ne pourraient pas se libérer ce jour-là, un appel est lancé pour faire le plus de bruit vendredi à 14 heures. S’il est encore impossible de savoir si la mobilisation va prendre dans le pays, plusieurs signes positifs ont été reçus par le collectif.

Les syndicats appuient cette grève

« On considère déjà qu’on a réussi notre pari. On était 200 en octobre quand on en a discuté et on ne savait pas comment ça allait prendre. Aujourd’hui, on a le soutien des syndicats ce qui permet de rassurer des femmes qui hésiteraient à faire grève. Il y a aussi des associations et des entreprises qui ont décidé de faire grève ce jour-là. Il y aura également des piquets de grève un peu partout et notamment dans les hôpitaux et les universités. Ça devrait être assez suivi » pense Zoé.

L’an passé en Espagne, une grève basée sur le même principe avait été suivie par 5 millions de femmes espagnoles​ soit 10 % de la population totale du pays. Si la Belgique, pays cinq fois moins peuplé (11 millions d’habitants) atteignait les mêmes proportions, ce serait déjà un immense succès.