VIDEO. Hauts-de-France: Record battu dans la neutralisation des munitions de guerre retrouvées sur les plages et dans la mer

NETTOYAGE Sur une plage du Pas-de-Calais et mais aussi dans la mer, des munitions de guerre conventionnelles continuent d’être découvertes et neutralisées

Gilles Durand

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Illustration d'un contreminage sur une plage.
Illustration d'un contreminage sur une plage. — Préfecture maritime
  • A Oye-Plage, dans le Pas-de-Calais, un groupe de plongeurs-démineurs a retrouvé et détruit plus de 1.000 grenades, en février.
  • Une opération de l’OTAN vise à neutraliser des munitions de guerre sous l’eau grâce à des navires chasseurs de mines.
  • Un documentaire, diffusé en octobre sur France 3, dénonçait les dangers que faisaient courir ces munitions historiques déversées dans les eaux.

Mise à jour, le 7 mars : L’opération de l’OTAN a permis de neutraliser douze engins explosifs historiques au large du Tréport, représentant 4.526 kg d’équivalent TNT. Il s’agit d’un bilan record depuis dix ans pour la force déployée en Manche, chaque année.

Opérations de déminage sur plusieurs fronts. Pendant trois jours, de mardi à jeudi, le groupe de plongeurs-démineurs (GPD) de la Manche a découvert et neutralisé plus de 400 grenades et diverses munitions historiques sur la plage d’Oye-Plage, dans le Pas-de-Calais, annonce la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord.

Quinze jours plus tôt, le GPD avait déjà retiré plus de 600 grenades sur cette même plage. Cette fois, ce sont 428 grenades, 5 mortiers, 11 obus et environ 150 kg de débris d’obus qui ont été retrouvés et détruits. « Avec les phénomènes de marée, de nouvelles découvertes pourraient encore survenir », précise la préfecture maritime.

Le recul des dunes fait réapparaître les munitions

Contactée par 20 Minutes, la Marine nationale précise que « ce sont environ 2.000 engins explosifs, représentant 50 tonnes qui sont ainsi neutralisées chaque année ».

« Le fait de retrouver des munitions explosées montre qu’il s’agit d’une zone où une précédente destruction avait eu lieu », souligne un officier de la préfecture maritime. Le mouvement du sable et le recul des dunes font donc réapparaître ces munitions qu’on croyait enfouis.

« Guerre des mines » sous l’eau

Mais ces opérations de contre-minage ou de « guerre des mines » s’effectuent également sous l’eau. Depuis le 18 février et jusqu’au 7 mars, quatre navires chasseurs de mines de l’OTAN sillonnent la Manche à une cinquantaine de kilomètres au large de Dieppe pour détecter et détruire d’éventuelles munitions historiques à l’aide de sonars.

« Par exemple, un chantier de dépollution de l’épave du HWS Lawford [un navire destroyer qui a participé au débarquement] est mené et quasiment terminé, précise la Marine nationale. Ce sont une centaine de mortiers et une vingtaine de caisses de munitions qui ont été détruites au fur et à mesure. »

« Les fonds marins sont caractérisés par la présence d’engins explosifs issus des deux conflits mondiaux, souligne l’officier. On sait qu’entre 635.000 et 700.000 munitions ont ainsi été lâchées dans l’eau. Il s’agit de sécuriser une route maritime très fréquentée et les activités de pêches car il arrive que des munitions soient remontées dans les filets. »

Aucune information sur les munitions chimiques

Selon la préfecture maritime, ces opérations de l’OTAN sont conduites une à deux fois par an, depuis 1996, mais elles ne sont pas les seules. « Dix chasseurs de mines de la marine nationale procèdent régulièrement à ce type d’opération concernant les munitions conventionnelles », précise l’officier.

« Sauf exception, navire dont le lieu de naufrage est connu, par exemple, il est difficile de localiser précisément ces munitions. Ce sont celles qui réapparaissent régulièrement sur le rivage ou dans les filets de pêcheurs ou qui sont retrouvées directement par nos actions », note la Marine nationale.

Et les munitions chimiques ?

Aucune information, en revanche, concernant la neutralisation des munitions chimiques. Un documentaire, diffusé en octobre sur France 3, dénonçait les dangers que représentaient ces millions de tonnes d’armes en tout genre, déversées dans la mer après chaque conflit.

En janvier, un député du Nord, Christian Hutin, avait également alerté le gouvernement sur les risques environnementaux que faisaient courir ces munitions dans un proche avenir.