Pollution: Pour la première fois la circulation différenciée mise en place à Lille, les véhicules les plus polluants interdits

PARTICULES Pour la première fois, la préfecture a décidé de mettre en place la circulation différenciée. Mercredi, seuls les véhicules ayant une vignette Crit’Air comprise entre 0 et 3 pourront circuler sur une partie de la métropole lilloise

Francois Launay

— 

La pollution persistante sur la métropole lilloise a entraîné la mise en plce de la circulation différenciée
La pollution persistante sur la métropole lilloise a entraîné la mise en plce de la circulation différenciée — M.Libert/20 Minutes
  • La circulation alternée sera mise en place mercredi sur une partie de la métropole lilloise. Une mesure prise par la préfecture à cause d’un épisode persistant de pollution aux particules.
  • Mercredi, seuls les véhicules électriques et ceux ayant une vignette Crit’Air comprise entre 1 et 3 pourront circuler à Lille et aux alentours.

C’est une première dont la région se serait bien passée. A cause d’un épisode de pollution aux particules persistant depuis lundi, la préfecture des Hauts-de-France a décidé de mettre en place ce mercredi la circulation différenciée sur une partie de la métropole de Lille (Lille, Lomme, Hellemmes, Séquedin, Lambersart, Saint-André-lez-Lille, Marquette-Lez-Lille, Marcq-en-Baroeul, La Madeleine, Mons-en-Baroeul, Lézennes et Ronchin).

Après avoir déjà imposé mardi des restrictions de vitesse sur autoroute (de 130 à 110 km/h) et sur les routes nationales et départementales (de 110 à 90 km/h), la préfecture a décidé de passer à la vitesse supérieure avec la mise en place de la circulation différenciée pour la toute première fois.

« Le niveau de pollution constaté dans le Nord nous conduit à prendre un certain nombre de mesures qui touchent l’activité dans les transports, l’économie et chez les particuliers. Cette mesure est le résultat d’un niveau de pollution très élevé dans notre atmosphère depuis lundi, mardi et annoncé pour mercredi. Cela m’oblige à mettre en œuvre la circulation différenciée pour la première fois », justifie Michel Lalande, le préfet de région.

Qui va pouvoir rouler mercredi ?

Depuis juillet 2017, les automobilistes ont l’obligation d’avoir sur leur pare-brise une vignette Crit’Air classée de 0 (voiture électrique) à 5 selon le degré de pollution de leur véhicule. 750 000 conducteurs en sont munis dans le Nord. Seuls les véhicules équipés d’une vignette 0, 1, 2 et 3 ainsi que ceux bénéficiant d’une dérogation auront le droit de circuler mercredi dans une partie de la métropole lilloise.

Par contre, les détenteurs d’une vignette 4 et 5 devront laisser leur véhicule au garage sous peine d’amende. Car les forces de l’ordre ont prévu des contrôles à différentes entrées et à l’intérieur de ce périmètre. Les contrevenants s’exposeront à une amende de 68 euros. Mais ceux qui font du covoiturage pourront rouler malgré leur vignette 4 ou 5. « A partir du moment où il y a deux personnes dans la voiture, on peut rouler »., assure le préfet de région.

La classification des vignettes Crit'Air. Seuls les véhicules ayant une vignette classée de 0 à 3 pourront circuler mercredi dans la métropole lilloise
La classification des vignettes Crit'Air. Seuls les véhicules ayant une vignette classée de 0 à 3 pourront circuler mercredi dans la métropole lilloise - PHILIPPE HUGUEN / AFP

Une mesure devenue indispensable car, pour la première fois depuis deux ans, un épisode de pollution aux particules dure trois jours d’affilée (de lundi à mercredi) dans le Nord et le Pas-de-Calais. La faute à la circulation automobile mais aussi au chauffage.

Une amélioration attendue jeudi

« Dans les grandes agglomérations, il y a des pics de pollution qui correspondent au trafic automobile le matin et le soir. Il y a aussi une production de particules liée au chauffage à partir de 18 heures avec des concentrations qui restent très fortes pendant toute la nuit », explique Laure Roussel, chargé de communication chez Atmo Hauts-de-France, l’organisme qui mesure la qualité de l’air dans la région.

Et au-delà du chauffage et du trafic routier, les conditions météo actuelles n’aident pas à la dispersion des particules dans l’air.

« Les nuits sont très froides et les journées sont plutôt chaudes. Dans notre jargon météorologique, on parle de la couche limite c’est dire la hauteur de l’atmosphère à laquelle les polluants vont pouvoir se disperser. Actuellement, avec les températures froides de la nuit, cette couche est très basse. Donc il y a très peu de hauteur pour que les polluants puissent se diluer et être emportés par les vents. Ça va continuer à s’accumuler jusqu’à mercredi donc on va avoir encore plus de particules », poursuit Laure Roussel

Une amélioration est attendue jeudi avec l’arrivée annoncée d’une perturbation (favorable à la dispersion des polluants).