Lille: La thérapie cellulaire pour doubler l'espérance de vie des malades de l'amiante

SANTE Le CHRU participe à une étude européenne pour développer la thérapie cellulaire au bénéfice des personnes atteintes du mésothéliome pleural

Mikael Libert

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Un ouvrier procède au désamiantage d'un bâtiment (illustration).
Un ouvrier procède au désamiantage d'un bâtiment (illustration). — M.Libert / 20 Minutes
  • Le CHRU de Lille va tester la thérapie cellulaire contre le cancer de l’amiante.
  • Cinq pays européens participent aussi à cette étude sur 230 patients.
  • L’objectif est de doubler l’espérance de vie des malades du mésothéliome pleural.

Un répit face au crabe. Cinq pays européens participent à une étude scientifique et médicale dont l’objectif ambitieux est d’augmenter l’espérance de vie des personnes atteintes par le mésothéliome pleural, appelé aussi le «  cancer de l’amiante ». En France, c’est le CHRU de Lille qui a été choisi au travers des équipes du professeur Arnaud Scherpereel.

On l’appelle « cancer de l’amiante » parce que dans au moins 90 % des cas de mésothéliome pleural, l’implication de l’amiante a été prouvée. Selon les données fournies par le CHRU, ce sont encore 1.000 nouveaux cas qui sont diagnostiqués chaque année en France. « C’est une bombe à retardement parce que ce cancer ne se déclare que 20 à 40 ans après l’exposition. Et nous ne sommes pas encore arrivés au pic, l’amiante n’ayant été interdite en France qu’en 1997 », explique Eric Wasielewski, coordonnateur recherche du Pr Scherpereel et administrateur national du réseau Mesoclin.

Doubler l’espérance de vie

C’est par ailleurs une maladie qui a un mauvais pronostic. Le mésothéliome pleural étant très agressif, l’espérance de vie après le début du traitement est de 14 à 16 mois selon l'association SOS Amiante. « L’hypothèse de cette étude est que le traitement par la thérapie cellulaire permettrait de doubler cette durée sans que le traitement ne soit trop contraignant pour le patient », poursuit Eric Wasielewski.

Ainsi, dans les cinq pays participants (Pays-Bas, Belgique, Grande-Bretagne, France et Italie), 230 patients seront recrutés pour participer à l’étude. Une moitié sera sous surveillance et l’autre sous thérapie cellulaire. Pour ces derniers, le plus contraignant sera de se rendre aux Pays-Bas pour une prise de sang. Pour simplifier, des cellules du système immunitaire seront récoltées, rééduquées et stimulées pour lutter contre le mésothéliome. Elles seront ensuite réinjectées au patient en cinq fois sur une période de trente semaines.

L’étude ne fait que commencer mais le CHRU de Lille a déjà recruté deux patients. Pour autant, il faudra attendre environ trois ans pour obtenir des résultats consolidés. Néanmoins, si les hypothèses de départ étaient confirmées, il s’agirait d’une avancée importante pour les malades de l’amiante. « En l’état actuel de la médecine, le mésothéliome pleural est une maladie incurable. Mais la recherche avance, notamment sur la thérapie cellulaire et l’immunothérapie », assure Eric Wasielewski.