Pas-de-Calais : Eurotunnel mise sur la reconnaissance faciale pour fluidifier le transit post Brexit

BREXIT L’exploitant du tunnel sous la Manche compte sur la technologie pour éviter les délais trop longs lors des contrôles à la frontière avec la Grande-Bretagne

Mikaël Libert

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Les terminaux Eurotunnel seront équipés de sas Parafe.
Les terminaux Eurotunnel seront équipés de sas Parafe. — A.Gelebart / 20 Minutes
  • La reconnaissance faciale sera utilisée dans le tunnel sous la Manche dès l’entrée en vigueur du Brexit.
  • L’idée est de fluidifier le trafic grâce à un contrôle automatisé des passeports biométriques.
  • Les sas Parafe seront financés par Eurotunnel et mis à disposition de la police aux frontières (PAF).

Fin mars, le Royaume-Uni sortira officiellement de l’Union européenne. Si les conditions de ce « Brexit » demeurent floues, une chose est sûre, les contrôles aux frontières seront renforcés et demanderont davantage de temps. Afin de perturber le moins possible le trafic sous la Manche, le groupe Eurotunnel a décidé d’investir dans un système de « passage rapide automatisé aux frontières extérieures », appelé aussi Parafe.

Premier déploiement « terrestre »

Parafe, c’est un système qui est habituellement déployé dans les aéroports, notamment à Paris, Nice ou Lyon. Ce sont des sas dans lesquels les voyageurs prennent place et dont les équipements permettent de déterminer si le passeport présenté correspond à la personne qui se trouve à l’intérieur. « La machine lit le passeport biométrique et les appareils vérifient la conformité entre la photo affichée sur le passeport, celle contenue dans la puce et le visage. Il s’agit d’algorithmes de reconnaissance faciale qui se basent sur des points précis, comme l’écart entre les yeux », explique Romain Galesne-Fontaine de IN Groupe, le fabricant de Parafe.

Ces équipements seront donc mis à disposition de la police aux frontières, « pour faciliter leur travail et ainsi fluidifier le passage », explique Eurotunnel. Pour autant, ils ne seront pas forcément utilisables pour d’autres missions, comme reconnaître une personne recherchée. « Les sas Parafe sont paramétrés uniquement pour lire les photographies des passeports », insiste-t-on chez IN Groupe. « C’est un système fiable, mais moins souple et adaptable que l’intelligence artificielle (IA) avec laquelle il est aujourd’hui possible d’identifier une personne dans une foule », explique le PDG de Skapane, entreprise nordiste spécialisée dans l’IA.

Pas prévu pour un usage étendu

Autrement dit, le Tunnel ne sera pas précurseur de ce que Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, souhaite mettre en place dans ses transports en commun. « Pourtant, c’est déjà techniquement possible de traiter en reconnaissance faciale des flux importants de personnes comme dans des gares », poursuit le patron de Skapane.

En ce qui concerne Parafe, l’initiative ne vient pas de l’Etat et ne coûtera donc pas un sou au contribuable. La mise en service des premiers sas, côté français et côté britannique, sera effective « dès le Brexit », affirme Eurotunnel. Dans un premier temps, cela ne concernera que les passagers des bus transitant par le tunnel. La généralisation à tous les voyageurs se fera lors de phases ultérieures.