VIDEO. «Gilets jaunes» dans le Nord: Qui est le conducteur de l'engin qui a démoli la porte du ministère de Griveaux?

PRISON C'est un Nordiste de 23 ans qui conduisait le chariot élévateur ayant servi à détruire la porte d'un ministère, lors d'une manifestation des «gilets jaunes», le 5 janvier

Gilles Durand

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illustration de "gilets jaunes"
illustration de "gilets jaunes" — Vincent Loison/SIPA
  • Lors d’une manifestation des « gilets jaunes », le 5 janvier, la porte du ministère du porte-parole du gouvernement avait été démolie.
  • Le Nordiste, interpellé mardi près de Valenciennes, a avoué être le conducteur de l’engin qui a servi à enfoncer la porte du ministère.
  • Il a été placé en détention provisoire, en attendant son procès, prévu le 13 mars.

Il se prénomme Romain. Il est âgé de 23 ans. Ce Nordiste avait été interpellé, mardi, au petit matin, à son domicile conjugal d’Escautpont, près de Valenciennes, soupçonné d’avoir participé à l'attaque d'un ministère, le 5 janvier, lors d’une manifestation des « gilets jaunes ». Ce vendredi, il a passé sa première nuit en prison, placé en détention provisoire avant son procès qui se tiendra le 13 mars au tribunal correctionnel de Paris.

« Il était le seul à savoir faire démarrer le transpalette »

« Quand il a été interpellé et placé en garde à vue, la première chose qu’il a faite, c’est d’avouer l’intégralité des faits sans réclamer d’avocat », raconte Me Manuel Abitbol, son avocat, peu habitué, pourtant, à défendre les « gilets jaunes ».

C’est donc bien Romain M. qui conduisait le chariot élévateur qui a enfoncé la porte du ministère du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.

Le jeune homme s’est retrouvé dans la manifestation avec son beau-père et son beau-frère, lesquels ont aussi été, un temps, mis en cause dans cette affaire, rapporte La Voix du Nord. Selon son avocat, « il était le seul, dans le groupe, à savoir faire démarrer le transpalette » qui a servi à vandaliser le ministère.

Chef d’équipe dans une entreprise de bâtiment, il a l’habitude de ce genre d’engin. « Il a fait le gamin avec sans se rendre compte de ce qu’il faisait, assure Me Manuel Abitbol. Il s’est retrouvé dans un phénomène de foule et a suivi une personne qui montrait la porte ». Selon lui, il a pris peur tout de suite après son geste et n’a pas pénétré dans l’enceinte du ministère.

« Ce n’est pas un délinquant »

« Sa place n’est pas en prison. Ce n’est pas un délinquant. C’est quelqu’un de sympathique qui a fini par comprendre la gravité des faits. Il avait du mal à imaginer qu’on puisse aller en prison pour avoir cassé une porte alors que des gens violents, qui frappent, ne sont pas toujours incarcérés », raconte Me Abitbol.

L’avocat compte demander sa remise en liberté ou faire appel de la décision du tribunal. « Il a été placé en détention provisoire pour un motif fantaisiste : risque de réitération pour avoir partagé les images de l’incident sur les réseaux sociaux », dénonce-t-il.

Les trois autres prévenus, dans cette affaire, ont été placés sous contrôle judiciaire.