«Gilets Jaunes»: Alexandre Chantry, un leader lillois proche de la France insoumise

SOCIETE Depuis quatorze semaines, ce Nordiste de 27 ans est l'un des leaders du mouvement lillois qui attire en moyenne entre 1.500 et 2.000 personnes chaque samedi

Francois Launay

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Alexandre Chantry, un des portes-paroles des «gilets jaunes» dans les Hauts-de-France.
Alexandre Chantry, un des portes-paroles des «gilets jaunes» dans les Hauts-de-France. — F.Launay / 20 Minutes
  • Alexandre Chantry est l’une des figures lilloises du mouvement des «gilets jaunes».
  • A 27 ans, ce demandeur d’emploi a un parcours très militant.
  • Proche de la France insoumise, il a participé à plusieurs luttes sociales et fréquenté de nombreux partis politiques.
  • Il est aussi contesté aujourd'hui par une partie des «gilets jaunes»

Depuis trois mois, il est de tous les cortèges. Chaque samedi, Alexandre Chantry défile dans les rues de Lille avec son gilet jaune sur le torse. Avec un noyau dur d’une dizaine de personnes, il s’est imposé comme l’un des principaux leaders du mouvement dans les Hauts-de-France. Et pourtant, le jeune homme de 27 ans a longtemps tergiversé avant de s’embarquer dans la contestation.

« Je me suis décidé le 16 novembre à minuit avec quelques potes. Le lendemain, on participait à l’opération escargot sur l’A1 avant de se retrouver en garde à vue pendant dix heures », raconte Alexandre Chantry.

Un épisode fondateur qui l’a sans doute poussé à s’engager à fond dans ce mouvement des « gilets jaunes ». « S’il n’y avait pas eu cette arrestation et cette garde à vue dès le premier jour, je ne suis pas sûr qu’il se serait autant impliqué dans le mouvement. Ça l’a marqué », confie le député Ugo Bernalicis (France Insoumise) qui connaît bien le Lillois. Il faut dire que ce militant, originaire de la commune de la Gorgue (Nord) a l’habitude des luttes sociales.

Un parcours militant clairement marqué à gauche

Que ce soit avec ses lectures (Marx, Gramsci, Spinoza…), ses luttes (anti-CPE, Loi travail…), ses engagements (il a vécu deux semaines à Notre-Dame des Landes, et participé à Nuit Debout), le Nordiste a un parcours clairement anti-capitaliste. Le militant a d’ailleurs fréquenté différents partis politiques comme le Parti communiste, le NPA ou dernièrement la France Insoumise « sans jamais prendre ma carte », précise-t-il.

Un parcours militant qui l’a sans doute aidé à être en première ligne de la contestation lilloise. « Il a toujours été actif sur les manifs mais le mouvement des "gilets jaunes" l’a clairement révélé », reconnaît Ugo Bernalicis.

« Il a un rôle de conciliateur. Il a la patience d’écouter chacun pour que tout se passe bien et arranger les situations. Il ne s’est jamais revendiqué leader mais c’est venu naturellement », reconnaît de son côté Alison, une autre « gilet jaune » lilloise.

« Chantry n’accepte pas que d’autres aient une opinion différente »

Sans emploi depuis décembre, Alexandre Chantry, qui passe en parallèle un double master d’économie et sociologie à la fac de Lille, songe progressivement à passer la main pour chercher un travail. Il faut dire aussi qu'après 14 semaines de lutte certains signes de lassitude, mais aussi de tension autour de sa personne commencent à poindre dans le mouvement. 

« Alexandre Chantry n’accepte pas que d’autres aient une opinion différente de la sienne. On ne peut pas faire de critiques », assure un « gilet jaune » qui préfère rester anonyme.

L’union des « gilets jaunes » lillois s’est d’ailleurs lézardée depuis dix jours sur fond de désaccord entre déclarer ou non les manifs en préfecture.