Lille: Les renards sont de retour au cœur de la ville

NATURE Un écologue de la mairie a pu observer plusieurs de ces animaux à la Citadelle

Mikaël Libert

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Des renards ont été observés à Lille (illustration).
Des renards ont été observés à Lille (illustration). — P.Cecil / Cover Images / SIPA
  • Des renards sauvages ont été observés dans les bois de la citadelle de Lille.
  • L’animal trouve dans les parcs urbains des zones de tranquillité à l’abri des chasseurs.
  • Selon un écologue, la réputation de nuisible du renard est infondée.

Lille, terre sauvage. Ne vous étonnez pas si, au gré d’une balade dans les bois de la citadelle de Lille, vous tombez nez à nez avec un renard. Selon un écologue employé par la municipalité, l’espèce est en train de reconquérir la métropole à tel point qu’elle a de nouveau trouvé sa place au cœur de la ville. Ce serait d’ailleurs plutôt une bonne nouvelle.

« Le renard colonise de nouveau le territoire parce que la nature est opportuniste », explique Yohan Tison, écologue à la direction des parcs et jardins de la ville de Lille. « Nous avons relevé de récentes traces de renards à la Citadelle. Les observations de cet animal sont de plus en plus fréquentes », assure-t-il.

« La nature reprend ainsi sa proportion normale »

En fait, ce n’est pas si étonnant. « La population vulpine est de plus en plus importante dans les grands parcs urbains de la métropole parce que la chasse et le piégeage y sont interdits. Les renards y trouvent une zone de tranquillité et s’y reproduisent. La nature reprend ainsi sa proportion normale », détaille Yohan Tison. Pour arriver jusqu’à la citadelle, les renards suivent ensuite des couloirs constitués, notamment, par les talus ou les friches ferroviaires.

Pour l’écologue, la présence avérée du renard en ville est une bonne nouvelle : « C’est un animal important pour l’écosystème, essentiellement parce qu’il est un grand consommateur de petits rongeurs et d’animaux malades. On peut dire qu’il a un rôle sanitaire dans la nature. »

Mauvaise réputation

Pourquoi, dans ce cas, cet animal est-il toujours classé parmi les espèces nuisibles ? « C’est le lobby des véhiculée par les chasseurs qui fait pression sur le gouvernement. Le renard n’est nuisible que pour les poulaillers quand ils ne sont pas clos », martèle l’écologue. Il est vrai aussi que le goupil peut être vecteur de la maladie parasitaire  échinococcose alvéolaire, potentiellement mortelle pour l’homme. « Au même titre que les chats ou les chiens qui mangeraient des rongeurs infestés », précise Yohan Tison.

En tout cas, les renards qui ont élu domicile dans les bois de la citadelle peuvent dormir sur leurs deux grandes oreilles, la mairie n’a pas l’intention de les en déloger. Le seul problème qui pourrait se poser concerne le zoo de Lille. « Quand il tombe sur un oiseau, le renard ne va pas se poser la question s’il s’agit d’une espèce rare », plaisante l’écologue. « Normalement, le parc zoologique est conçu pour que nos espèces ne puissent pas en sortir mais aussi pour que des animaux extérieurs ne puissent pas y pénétrer. Il y a quand même eu des prédations, notamment sur des petits canards, mais c’était le fait de chats errants ou de rats », assure un responsable du zoo de Lille.