Manifestation contre l'implantation de l'antenne relais de TDF à Saméon, près de Douai, dans le Nord.
Manifestation contre l'implantation de l'antenne relais de TDF à Saméon, près de Douai, dans le Nord. — APRES

JUSTICE

Nord: Un village résiste à l’implantation d’une antenne-relais de téléphonie

Au nom de son « identité rurale », la commune de Saméon, près de Douai, refuse l’implantation d’une antenne-relais de Free sur son territoire

  • Depuis juillet 2018, le maire de Saméon, près de Douai, refuse d’autoriser la construction d’une antenne-relais de téléphonie sur sa commune.
  • Le tribunal administratif a donné raison à la mairie de Saméon, au motif de ne pas dénaturer le village.
  • Environ 150 personnes ont manifesté, samedi, contre l’implantation de cette antenne-relais.

La décision du tribunal administratif (TA) lui a été favorable. Un village du Nord a, pour l’instant, eu gain de cause contre l’implantation d’une antenne-relais de téléphonie mobile de 45 m de haut. Interrogé par La Voix du Nord, l’opérateur de télécommunication, TDF, qui devait construire le pylône, n’a pas encore décidé s’il faisait appel ou non de cette décision.

Pour appuyer leur refus, environ 150 personnes ont organisé, samedi, un rassemblement devant l’église de Saméon, près de Douai, dans le Nord, à l’appel de l’Association pour la Protection de la Ruralité et de l’Environnement de Saméon (APRES).

Un assureur qui refuse d’assurer

« Nous ne voulons pas être soumis aux champs électromagnétiques qui sont beaucoup trop forts par rapport à d’autres pays comme la Belgique, par exemple, argumente Thierry Hot, président de l’APRES. La preuve, c’est qu’un assureur comme Axa refuse d’assurer les personnes qui sont exposées ».

Ce projet d’antenne-relais a été déposé par TDF en juin 2018 avec une déclaration préalable de travaux. Dès le mois suivant, le maire de la commune s’y opposait lors d’une réunion publique, suivi par une majorité d’habitants. Une pétition a recueilli environ 2.000 signatures et la création de l’asso APRES fédère plus de 400 adhérents, selon son président.

« Ne pas perdre son identité rurale »

La société TDF a alors saisi le tribunal administratif pour demander au juge de suspendre la décision de la mairie. En vain. Le TA a reconnu que la mairie était légitime pour demander à ne « perdre son identité rurale », en accord avec le plan local d’urbanisme.

« La commune jouit déjà d’une très bonne couverture réseau 3G et 4G et d’une excellente desserte en fibre optique », souligne l’avocat de la commune. Sauf pour Free qui espérait conquérir une part de marché avec cette antenne-relais.