Lille: La municipalité anticipe l’arrivée des trottinettes en libre-service

MOBILITÉ Pour ne pas réitérer le fiasco des Gobee bikes, la mairie souhaite encadrer le déploiement des « engins de déplacements personnels » en libre-service

Mikael Libert

— 

Une trottinette en libre service à Paris (illustration).
Une trottinette en libre service à Paris (illustration). — Clément Follain
  • La ville de Lille tente d’anticiper l’arrivée des trottinettes en libre-service.
  • Une redevance d’occupation de l’espace public a été étendue à tous les engins en « free floating ».
  • Restera à régler le problème de la sécurité liée à ces nouveaux modes de déplacement.

L’espace public ce n’est pas la jungle. C’est inéluctable, un jour prochain, on verra débarquer à Lille des trottinettes en libre-service. Ce service s’est déjà développé dans plusieurs villes de France avec plus ou moins de réussite. Sauf que la dernière expérience de ce genre, avec les Gobee bikes, a quelque peu échaudé Martine Aubry, la maire de Lille. La ville a donc décidé d’appuyer là où ça fait mal : le porte-monnaie des (futurs) opérateurs.

Lors de ses vœux à la presse, début janvier, Martine Aubry s’était félicitée de la disparition du service de Gobee bike, louant la clairvoyance des Lillois qui avaient fait disparaître du paysage public les fameux vélos verts. Il est vrai que l’expérience avait été un fiasco à Lille, comme dans les autres villes françaises où le service avait tenté de s’implanter. La rumeur avait même circulé que Gobee bike n’avait d’autre but que de récolter des données des utilisateurs…

Une redevance de 11 euros par an et par trottinette

Début décembre 2017, la mairie avait voté une délibération pour faire payer à Gobee bike une redevance d’occupation de l’espace public. Trop tard, l’entreprise avait plié bagage un mois plus tard. Lors du dernier conseil municipal, vendredi, cette redevance est revenue sur le devant de la scène par la voix de Jacques Richir, adjoint au maire. « L’idée est d’étendre cette délibération à tous les engins à deux roues partagés en libre-service », explique-t-il. Le montant, lui, reste le même : 11 euros par an et par véhicule.

Pour la ville, il s’agit moins d’encaisser de l’argent que d’anticiper et d’organiser. « Cela va obliger les opérateurs souhaitant s’installer à Lille à venir se présenter, discuter avec nous pour ne pas faire ça à la sauvage », poursuit Jacques Richir. Mise devant le fait accompli, la mairie de Toulouse avait menacé l’opérateur Lime de sanctions pour « occupation illicite du domaine public ». A Lille, les candidats sont donc prévenus.

La question de la sécurité demeure

Mais ce n’est qu’une étape. Il reste à régler les questions liées à la sécurité. A Paris, le service fonctionne plutôt bien, même si la ville a interdit l’utilisation des trottinettes électriques sur les trottoirs. Le problème, c’est qu’il n’existe aucun texte qui réglemente la circulation de ces engins. « Juridiquement, les trottinettes sont considérées comme des jouets et les utilisateurs doivent circuler sur les trottoirs à moins de 6km/h », assure Jacques Richir.

Sauf que les modèles des opérateurs atteignent des vitesses de 25km/h. « Il y a eu 18 morts ces trois dernières années en Ile-de-France parmi les utilisateurs de trottinettes électriques », précise l’élu qui ne cache pas une certaine inquiétude.