Nord: Un député s'inquiète des risques d'une pollution chimique «de très grande ampleur» en mer

ENVIRONNEMENT Le risque de catastrophe écologique, lié aux déversements dans la mer de munitions chimiques après les deux guerres mondiales, inquiète un député du Nord

Gilles Durand

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Un tapis d'obus déversés dans la mer après la guerre. Extrait du documentaire «Menaces en mers du Nord», diffusé sur France 3.
Un tapis d'obus déversés dans la mer après la guerre. Extrait du documentaire «Menaces en mers du Nord», diffusé sur France 3. — Real Productions / France 3 Hauts-de-France
  • A la fin des Première et Seconde Guerre mondiale, des milliards de tonnes d’armes chimiques ont été déversées dans les mers près du littoral français, belge et allemand.
  • Le député (MRC) du Nord, Christian Hutin, a alerté le Premier ministre sur les risques de « catastrophe écologique » lié à ces déversements chimiques. Sans réponse.
  • Il demande quelles mesures d’urgence le gouvernement compte prendre « pour conjurer cette menace ».

« Un risque de catastrophe écologique et sanitaire de très grande ampleur ». Le député (MRC) du Nord, Christian Hutin, avait alerté, le 7 janvier, par courrier, le Premier ministre sur « les conséquences dramatiques que vont entraîner en mer du Nord et en Baltique, les trois milliards de tonnes d´armes chimiques et conventionnelles qui furent coulées afin de s’en débarrasser, suite aux deux conflits mondiaux ».

Un mois plus tard, il n’a toujours aucune réponse et s’en inquiète. « Le littoral dunkerquois semble parmi les plus menacés », explique-t-il. Lundi, il était invité d’un débat sur France 3, sur le sujet. Depuis octobre, un documentaire, baptisé Menaces en mers du Nord est régulièrement rediffusé sur les antennes régionales de la chaîne.

« Les barils mettent entre 80 et 100 ans à rouiller »

Ce film, signé Jacques Lœuille, raconte l’histoire de ces millions de tonnes d’armes chimiques et conventionnelles déversées, après les deux guerres mondiales de 14-18 et de 39-45, parfois à quelques kilomètres du rivage, notamment celui du nord de la France, de la Belgique et de l’Allemagne.

« Ces déversements restent méconnus mais les conséquences environnementales sont graves, écrit Christian Hutin dans son courrier. Les barils qui les confinent mettent entre 80 et 100 ans à rouiller. Ils commencent actuellement à diffuser leur poison dans la mer. (…) Les scientifiques prédisent une catastrophe sans précédent. »

Quelles mesures d’urgence ?

Le documentaire raconte aussi que la France a procédé à des opérations d’immersion de ce genre de munitions jusqu’à la fin du XXe siècle, et ce, malgré les interdictions internationales.

« Entre la France et l’Allemagne, les fonds marins qui longent le littoral belge forment un vaste tapis de bombes toxiques et de faible profondeur, poursuit Christian Hutin. Face à ce danger, je souhaite connaître les mesures d’urgence que vous comptez prendre tant au niveau national qu’international pour conjurer cette menace, une vaste coopération entre les pays concernés étant une obligation indispensable. »