Hauts-de-France: Ce qu'un Brexit sans accord risque de changer pour les Nordistes

SEPARATION «20 Minutes» a demandé au coordonnateur à la préparation du Brexit quelles incidences cette sortie du Royaume-Uni pouvait avoir dans la région…

Gilles Durand

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Trafic routier dans un port du Kent, de l'autre côté du détroit du Pas de Calais.
Trafic routier dans un port du Kent, de l'autre côté du détroit du Pas de Calais. — Paul Grover/REX//SIPA
  • Le coordonnateur à la préparation de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, Vincent Pourquery de Boisserin, estime que la France doit se préparer à un Brexit sans accord.
  • Des postes de douanes vont être installés en préfabriqués dans les ports et aux portes du tunnel.
  • Les contrôles des migrants sont maintenus sur le sol français, en vertu des accords du Touquet.

« Un Brexit sans accord est de moins en moins improbable ». Pour le coordonnateur à la préparation de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, Vincent Pourquery de Boisserin, la France doit se préparer pour le 29 mars, date fixée pour le Brexit. 20 Minutes l’a interrogé pour savoir ce qu’une absence d’accord risquait de changer pour la région Hauts-de-France.

Le retour des douanes. « Le Premier ministre, lors de sa visite à Calais le 17 janvier, a annoncé le démarrage des travaux pour rétablir des postes de douanes », précise Vincent Pourquery de Boisserin. Dans les ports nordistes et aux portes du tunnel, le rétablissement de postes de douane va passer par l’installation de préfabriqués qui abriteront douaniers et vétérinaires (580 personnels supplémentaires), mais aussi par l’aménagement de parkings pour contrôler les camions. Une ordonnance du conseil des ministres, ce mercredi, permet « d’accélérer les délais d’obtention des autorisations nécessaires pour la construction des bâtiments douaniers ».

Et pour les voyageurs ? Le Royaume-Uni ne faisant pas partie de l'espace Schengen, les contrôles étaient déjà possibles pour un ressortissant européen qui entrait en Grande-Bretagne. En revanche, seule la carte d’identité était nécessaire pour traverser la frontière. A partir du 29 mars, il faudra un passeport. « Comme pour tous les pays tiers, souligne Vincent Pourquery de Boisserin. Mais le Royaume-Uni a assuré qu’il ne demanderait pas de visa pour les membres de l’Union ».

Les contrôles des migrants. « La sortie de l’Europe ne remet pas en cause les accords du Touquet entre la France et la Grande-Bretagne, explique le coordonnateur. Les contrôles des migrants sont maintenus sur le sol français. Cette politique ne va pas changer ». Le gouvernement français est même « vigilant » sur « la mise en place d’un dispositif de contrôle suffisamment fluide des marchandises et des voyageurs pour éviter que les migrants n’en profitent pour tenter de s’infiltrer. »